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EXPOSITIONS TERMINÉES
Dessins de James Pradier dans la collection de lÉcole nationale supérieure
. Paris, École nationale supérieure des beaux-arts (ENSBA), Cabinet des dessins Jean Bonna, du 3 octobre au 10 novembre 2006 (1ère partie) et du 13 novembre au 21 décembre 2006 (2ème partie), lundi à vendredi de 13h00 à 17h00. Vernissage le 2 octobre 2006 de 11h00 à 19h00. Commissaire: Emmanuelle Brugerolles. Ce fonds de dessins de Pradier, exposé ici pour la première fois, constitue l'un des plus importants corpus aujourd'hui conservé après celui du Musée d'Art et d'Histoire de Genève et traverse de part en part la carrière de l'artiste. Proposant une relecture de l'uvre dessiné, nourrie de recherches récentes, les deux accrochages rendent compte d'une grande diversité de genres : aussi bien le paysage (des alentours de Toulon aux vues romaines) que les sujets mythologiques traduits par le Niobide blessé, la Bacchante couchée ou Psyché, en passant par les tentations orientalistes (Odalisque, Bayadère). L'exposition reflète encore la variété de la fonction des dessins, témoins de recherches préparatoires pour la sculpture, quil s'agisse de commandes publiques monumentales (Renommées de lArc de Triomphe de lÉtoile, Victoires du tombeau de Napoléon, figures de la fontaine de l'Esplanade à Nîmes) ou d'esquisses pour des groupes sculptés ou des statuettes (Sapho, Nyssia, Homère et son guide, etc.) ou de copies d'après lantique. Un dernier aspect, plus original, est dévoilé à travers des études pour une peinture et un projet de bas-relief. On y admirera en outre un très beau portrait de Claire Pradier (ci-contre), dernière acquisition du Cabinet des amateurs de dessins de l'École des Beaux-Arts. A signaler enfin que, dans le cadre de l'exposition, un colloque Pradier aura lieu à l'École le 9 novembre 2006, de 10h à 12h.
Dieux et mortels. Les thèmes homériques dans les collections de l'École nationale supérieure des
beaux-arts. Paris, École nationale supérieure des beaux-arts, du 21 septembre au 28 novembre 2004; Princeton (New Jersey, USA), Princeton University Art Museum, du 8 octobre 2005 au 15 janvier 2006, et New York, Dahesh Museum of Art, du 11 octobre 2005 au 22 janvier 2006 (en deux parties). Les collections de lÉcole des Beaux-Arts (où Pradier enseigna à partir de 1828) constituaient au XIXe siècle un des grands musées parisiens de peinture et de sculpture, avec le Louvre et le Luxembourg. Au cours du XXe siècle, ces uvres furent peu à peu enlevées au regard des visiteurs. LÉcole conserve pourtant des milliers duvres: travaux laissés par les élèves et les professeurs, dons de lÉtat ou de particuliers, dépôts effectués par le Musée du Louvre. Cette manifestation coïncide avec la résurrection des sculptures de lÉcole, longtemps oubliées dans les caves et évacuées en 2003, qui font lobjet dune publication séparée (Emmanuel Schwartz, La sculpture à l'École des beaux-arts de Paris, éditions ENSBA, février 2004). Conçue autour des thèmes homériques, l'exposition propose un large choix de peintures, de sculptures et destampes dans les deux salles du quai Malaquais, mises en scènes par Benoît Chalandard en treize séquences, parmi lesquelles les Dieux, Achille, La chute de Troie, Télémaque, Ithaque, Le rire dHomère, etc. Elle fournit une occasion unique de voir ce qui est sans doute le seul surmoulage existant du bas-relief qui valut à Pradier son Prix de Rome en 1813. Le plâtre original fut endommagé en 1987 dans l'incendie du Palais Wilson à Genève et n'a pas été montré depuis. Catalogue rédigé par les commissaires de l'exposition, Emmanuel Schwartz et Anne-Marie Garcia, éditions ENSBA, 470 pages. Compte rendu de Didier Rykner dans La Tribune de l'Art.
François-Frédéric Lemot (1771-1827). Les uvres officielles du sculpteur et leur histoire secrète. Villa Lemot,
Domaine départemental Garenne-Lemot, commune de Gétigné (Loire-Atlantique), du 24 juin au 2 octobre 2005. Voici, à ma connaissance, la première exposition jamais consacrée à François-Frédéric Lemot, qui fut le maître de Pradier à l'École des Beaux-Arts. Organisée pour le bicentenaire de l'achat du bois de la Garenne à Clisson par Lemot, elle se propose de faire découvrir « l'histoire secrète de son uvre, bustes, reliefs allégoriques, statues équestres, médailles » dans le cadre du grand domaine « arcadien » qu'il développa sur les bords de la Sèvre nantaise avec les frères Cacault et l'architecte néoclassique Mathurin Crucy. Prix de Rome en 1790 (année de la naissance de Pradier), Lemot a contribué de manière notoire à l'art officiel dès 1793 et particulièrement à l'art de la sculpture en bronze au début du XIXe siècle. On connaît de lui le bas-relief du fronton de la Colonnade du Louvre (1810), la statue équestre d'Henri IV sur le terre-plein du Pont-Neuf (1818) et la statue équestre de Louis XIV sur la place Bellecour à Lyon (1825). Mais il fut l'auteur de bien d'autres travaux qu'on se réjouit de mieux connaître. Pradier lui succéda à l'Institut ainsi qu'à l'École, occupa son atelier de l'Institut à partir de 1845 (voir la Correspondance de Pradier, t. III, p. 73) et sculpta son buste pour l'Institut en 1850 (Bibliothèque de l'Institut). Rappelons que la fameuse rencontre entre Pradier et Napoléon aurait eu lieu dans son atelier lorsque Napoléon vint inspecter l'exécution du bas-relief de la Colonnade (voir Statues de chair, pp. 65-66). Présentation très complète et dossier de presse sur le site de l'exposition.
Félix-Henri Giacomotti (1828-1909). Un Grand Prix de Rome au musée d'Étampes. Étampes,
Musée municipal, du 17 mars au 31 mai 2005. Né à Quingey, dans le Doubs, Félix-Henri Giacomotti s'initie à la peinture dans l'atelier d'Édouard Baille à Besançon. En 1846 il s'inscrit à l'École des Beaux-Arts comme élève de François-Édouard Picot et remporte en 1854 le premier Prix de Rome. A-t-il eu, pendant ses premières années à Paris, des contacts avec Pradier, dont les élèves Henri Chapu, Amédée Doublemard et Charles Gumery, également lauréats du Prix de Rome, devaient séjourner en même temps que lui à la Villa Médicis? C'est probable et le contraire serait surprenant. Il est certain en tout cas qu'il a entretenu avec John Pradier, le fils du sculpteur, des relations amicales au moins jusqu'en 1882 (courrier du 10/6/04). Peintre de portraits, d'histoire et de genre, il obtient diverses commandes de décors pour les églises parisiennes (Saint-Étienne-du-Mont, Notre-Dames-des-Champs) et le musée du Luxembourg. Résolument académique et proche par ses sujets comme par sa technique de son ami William Bouguereau ou d'Alexandre Cabanel, il reste hostile, comme eux, aux innovations artistiques, en particulier à l'impressionisme. Nommé en 1890 conservateur du musée de Besançon et directeur de l'école de dessin, il est élu membre de l'Institut en 1895. En 1900 il accepte avec joie la conservation du musée d'Étampes, ville natale de son épouse. En marge de l'exposition, sa biographie et son uvre font l'objet d'une plaquette éditée par Jérôme Pontarollo (Cahier N° 6 du Lions Club d'Étampes, 16 p., ill.), qui est également l'auteur d'un mémoire et d'un site consacrés à l'artiste. Pour un compte rendu de l'exposition, voir l'article de Jérôme Montcouquiol sur la Tribune de l'Art.
Augustus Saint-Gaudens (1848-1907): Amercain Sculptor of the Gilded Age. Allentown
(Pennsylvanie), Allentown Art Museum, du 20 novembre 2003 au 18 janvier 2004; Rochester (New York), Memorial Art Gallery of the University of Rochester, du 15 février au 11 avril 2004; Pittsburgh (Pennsylvanie), The Frick Art and Historical Center, du 6 mai au 4 juillet 2004; Athens (Géorgie), Georgia Museum of Art, du 29 juillet au 26 septembre 2004; Montgomery (Alabama), Montgomery Museum of Fine Arts, du 21 octobre 2004 au 2 janvier 2005; Northampton (Massachusetts), Smith College Museum of Art, du 26 janvier au 20 mars 2005; Wichita (Kansas), Wichita Art Museum, du 5 avril au 12 juin 2005. Utica (New York), Munson-Williams-Proctor Museum of Art, du 24 septembre au 27 novembre 2005. Appelé parfois le « Michel-Ange américain », ce sculpteur d'origine irlandaise, formé à Paris, a largement contribué à revitaliser et à populariser la sculpture américaine dans les dernières décennies du XIXe siècle. Ses grands monuments civiques ont aidé le pays à se refaire une identité après les déchirements de la guerre civile. Cette première exposition itinérante présente 68 uvres sculptures, bas-reliefs, camées et monnaies mettant l'accent sur sept des projets majeurs du sculpteur, dont la gracieuse Diane (ci-contre) exécutée pour le Madison Square Garden à New York.
La collection de moulages de Thorvaldsen revisitée. Copenhague, Thorvaldsens Museum, du 24 mars
2004 au 13 février 2005. Pour la première fois depuis les années 1960, cette exposition permet d'apprécier dans son ensemble l'unique collection de moulages d'après l'antique rassemblée par Thorvaldsen pendant les quarante années qu'il a vécu et travaillé à Rome. « Plusieurs centaines » de moulages y sont présentés, « sans tenir compte de la chronologie traditionnelle et sans système, en vue de recréer l'expérience intime qu'on éprouve en entrant dans l'univers d'un collectionneur privé ». L'exposition évoque d'autre part l'importance donnée à l'art classique dans l'enseignement de l'Académie royale des beaux-arts danoise où Thorvaldsen fit ses études et dont on célèbre cette année le 250e anniversaire. Une exposition parallèle autour du thème « Thorvaldsen et l'Antiquité » illustre l'influence du classicisme sur l'art du sculpteur danois en juxtaposant un choix de ses uvres aux moulages. Le musée conserve par ailleurs la presque totalité de la production de l'artiste dessins, esquisses, plâtres originaux, marbres ou copies ainsi qu'une collection importante d'objets d'art antiques et de peintures.
Bartholdi: Le Lion. Colmar, Musée Bartholdi, du 5 juin au 5 septembre 2004; Belfort, Tour 46, du 18
septembre 2004 au 2 janvier 2005. Exposition présentée dans le cadre des manifestations commémoratives du centenaire du décès du statuaire Auguste Bartholdi (Colmar,1834 Paris, 1904). Bartholdi commence sa carrière en 1850 comme Carrier-Belleuse, Carpeaux, Chapu ou Falguière et alors que les grands représentants de l’école romantique disparaissent. Pour sa génération, Rude et David sont des références, qui mêlent la puissance de Delacroix et la grandeur d’Ingres. On reconnaît à Pradier d’avoir su réunir les deux sensibilités, et le Caïn d’Etex a suscité l’espoir que cet élève de Pradier pourrait succéder à son maître. C’est alors que Bartholdi suit l’enseignement de ce même Etex. Il rejoint ainsi des préoccupations proches de celles d’un petit groupe de sculpteurs appartenant à la postérité de David: Maindron, Ottin, Rochet, Millet, qui deviennent des représentants reconnus de la sculpture monumentale d’alors. Deux monuments prodigieux ont assuré à Bartholdi, dès son vivant, une notoriété considérable, à proportion de leur gigantisme : La Liberté éclairant le monde à New York (1886) et le Lion de Belfort (1880). Le premier commémore L’Independance Day (4 juillet 1776) ; le second, les victimes du siège de Belfort (3 novembre 1870 – 13 février 1871). Constitué de blocs de grès taillés, sculptés et jointoyés au mortier de ciment, le Lion mesure 11 m. de hauteur et 22 m. de largeur. La réduction en cuivre repoussé érigée en 1880 à Paris, place Denfert-Rochereau, mesure 3,60 m. de hauteur et 7,30 m. de largeur. L’exposition colmarienne réunit quelque 150 objets d’art et documents – sculptures, tableaux, dessins, gravures, photographies – issus de collections publiques et privées, qui visualisent l’historique du Lion jusqu’après la Première Guerre mondiale. L’exposition belfortaine présente, outre ces mêmes objets, quelques souvenirs personnels ainsi que des dessins originaux de Bartholdi, des documents sur le siège de Belfort, une sélection de produits dérivés du Lion et les uvres des artistes modernes. Catalogue établi par Régis Hueber. Dossier de presse en format pdf.
De la création à la réalisation, l'enlèvement de Proserpine par Pluton. Le Mée-sur-Seine
Musée Henri Chapu, du 6 novembre 2004 au 2 janvier 2005. En 1882, le duc d'Aumale, fils du roi Louis-Philippe, souhaite agrémenter le parc de son château de Chantilly de plusieurs sculptures. C'est donc au sculpteur méen Henri Chapu (Le Mée-sur-Seine, 1833 Paris, 1891) que le prince s'adressera. L'exposition donne à comprendre la génèse de l'uvre, réunissant correspondances et dessins préparatoires. Élève de Pradier, Duret et Léon Cogniet, Chapu remporte le Grand Prix de Rome en 1855. Il consacrera une partie de son activité à la copie de statues antiques, notamment Spinario (1858, École des Beaux-Arts de Paris) et le célèbre Mercure inventant le caducée (1862, Musée d'Orsay). Sa Jeanne d'Arc (1872, Musée d'Orsay) est un premier grand succès. Il produira ensuite La Jeunesse (1875, École des Beaux-Arts de Paris) et le gisant de la duchesse d'Orléans (1885, chapelle royale de Dreux) qui sont de parfaits exemples de figures classiques drapées aux regards inspirés. On lui doit aussi le Monument à Gustave Flaubert (1890) au jardin du Musée Flaubert et de lHistoire de la Médecine à Rouen, ainsi qu'une épée d'honneur en argent et ivoire exécutée pour le duc d'Aumale avec le sculpteur Chaplain et l'orfèvre Froment-Meurice (1888, musée Condé, Chantilly). Le Musée Chapu rassemble les uvres que Chapu avait données depuis 1865 à son village natal.
Les statues du pont de la Concorde. Paris, Musée du Louvre, du 6 octobre 2004 au 3 janvier 2005. Le
pont de la Concorde a été orné, lorsqu'il s'appelait le pont Louis-XVI, de douze statues colossales en marbre représentant les grands serviteurs de la monarchie française. En 1836, l'ensemble de la série fut transporté dans la cour d'honneur du château de Versailles. En 1930, la décision fut prise de disperser ces statues à travers toute la France, soit en fonction du lieu de naissance du « grand homme » qu'elles représentaient, soit en raison du domaine où il s'était illustré. Dans le cadre de l'« Objet de la saison », une récente acquisition par le musée du Louvre d'un petit modèle en terre cuite de l'une de ces statues est présentée: celle de Duquesne réalisée par Henri-Victor Roguier (1758-après 1830). Cet exemplaire est d'autant plus intéressant que le grand marbre a été détruit au cours de la Seconde Guerre mondiale, lors des bombardements de l'École navale de Brest où il avait été envoyé en 1931. L'uvre fait donc l'objet d'une présentation qui rappelle l'existence d'autres témoins de ce décor du pont Louis-XVI, conçu comme un équivalent monarchique du pont Saint-Ange à Rome.
European Bronzes from the Quentin Collection. New York, The Frick Collection
, du 28 septembre 2004 au 2 janvier 2005. La collection Quentin est une collection privée spécialisée dans l'art de la statuette, du XVe au XVIIIe siècle. Outre les uvres de maîtres connus tels que Giambologna, Susini et Hendrick de Keyser, elle comprend de nombreuses compositions de haute qualité non encore attribuées. Cette première exposition publique présente près de quarante uvres, principalement en bronze mais aussi en terre cuite et en métaux précieux. Catalogue illustré de 336 pages par Patricia Wengraf and Manfred Leithe-Jasper. L'exposition fait suite à celle consacrée l'année dernière à Willem van Tetrode (c. 15251580): Bronze Sculptures of the Renaissance qui présenta près de quarante bronzes ainsi qu'un échantillon de marbres de ce sculpteur néerlandais méconnu travaillant en Italie. Ses nus héroïques auraient inauguré la passion des collectionneurs du nord européen pour les petites uvres en bronze.
Charles Cordier (1827-1905), sculpteur - l'autre et l'ailleurs. Paris, musée d'Orsay, du 3 février au
2 mai 2004; Québec, Musée national des Beaux-Arts de Québec, du 10 juin au 6 septembre 2004; New York, Dahesh Museum of Art, du 12 octobre 2004 au 9 janvier 2005. « Charles Cordier (Cambrai 1827 Alger 1905), élève de Rude, occupe une place à part dans la sculpture française de la seconde moitié du XIXe siècle. (...) Faisant sienne la science ethnographique alors à ses débuts, il se fait parallèlement remarquer par son utilisation de la polychromie en sculpture, particulièrement le marbre-onyx d'Algérie. De ses missions ethnographiques en Algérie, en Grèce et en Egypte, il rapporte des bustes et des médaillons, portraits nés de ses rencontres avec les habitants. » L'exposition regroupe 75 sculptures et une quarantaine de photographies ethnographiques. Catalogue Charles Cordier (1827-1905), l'autre et l'ailleurs, Éditions de Martinière, 256 pages, 364 illustrations couleurs, 280 illustrations noir et blanc. Compte rendu de Didier Rykner sur La Tribune de l'Art.
George Sand, une nature d'artiste (1804-1876). Paris, Musée de la vie romantique, du 29 juin au 28
novembre 2004. Il est naturel qu'à l'occasion du bicentenaire de sa naissance, George Sand soit mise à l'honneur au Musée de la vie romantique. Créé en 1981 dans le pavillon et les deux ateliers où le peintre Ary Scheffer la reçut avec le Tout-Paris des années 1830, le musée expose en permanence une partie des souvenirs, des uvres d'art et du mobilier légués à la ville de Paris par sa petite-fille, Aurore Lauth-Sand. La présente exposition temporaire invoque les lieux de l'inspiration sandienne et réunit la « famille d'élection » de l'écrivain: portraits de Liszt, Marie d'Agoult, Chopin, Musset, Flaubert, etc. Une évocation de son « musée personnel » rassemble l'avant-garde picturale qu'elle a défendue: Delacroix, Rousseau, Fromentin, Corot, etc. Par ailleurs, ses aquarelles exécutées selon la technique à la dendrite, « formes vagues produites par le hasard », révèlent un aspect inattendu de son talent. La sculpture est représentée par Auguste Clésinger, époux de sa fille Solange, et, curieusement, par une exquise main en bronze argenté « dite de George Sand » signée... Pradier (voir notre article « Pradier et George Sand au Musée de la vie romantique »). La centaine d'uvres réunies provient des collections publiques françaises et de collections privées. Catalogue: Éditions Paris-Musées, 196 pages, 170 illustrations couleur.
L'esprit créateur de Pigalle à Canova. Terres cuites européennes 1740-1840. Paris, musée du
Louvre, du 19 septembre 2003 au 5 janvier 2004; New York, Metropolitain Museum of Art, du 28 janvier au 28 avril 2004; Stockholm, Nationalmuseum, du 12 mai 2004 au 29 août 2004 (sous une forme réduite, centrée autour de la figure de Sergel). L'exposition complète rassemble plus de 130 terres cuites d'une beauté et d'un intérêt exceptionnels, esquisses, modèles préparatoires ou uvres autonomes de Pigalle, Houdon, Pajou, Clodion, Dannecker, Schadow, Sergel, Godecharle, Stouf, Thorvaldsen, Canova... On est en plein cur du néoclassicisme. La génération romantique est à peu près absente, hors l'exception notable de David d'Angers. Aucune uvre de Pradier n'est inclue, mais ses terres cuites sont rares. Catalogue établi sous la direction de James David Draper et Guilhem Scherf, avec Magnus Olausson et Bernhard Maaz, Éditions de la Réunion des musées nationaux, 336 pages. Dossier de presse en ligne (format PDF) sur le site du Louvre. Compte rendu de Didier Rykner et entretien avec Guilhem Scherf sur La Tribune de l'Art.
Antonio Canova. Museo Civico, Bassano del Grappa, et Gypsothèque de Possagno, du
22 novembre 2003 au 12 avril 2004. Cette première grande rétrospective Canova présente environ 400 uvres, dont plus de 30 marbres, une centaine de dessins et 200 autres uvres incluant plâtres, peintures, lettres et journaux de voyage ainsi qu'une importante sélection de portraits de l'artiste, de ses clients et des théoriciens du néoclassicisme. L'exposition culmine à Possagno, ville natale du sculpteur, dans le grand temple qu'il dessina lui-même et dans lequel il est enterré. Le musée de l'Ermitage a prêté pour l'occasion sept de ses marbres canoviens, dont le monumental buste du Génie de la Mort (ci-contre).
Jean-Antoine Houdon (1741-1828) : sculpteur des Lumières. Los Angeles, J. Paul Getty Museum,
du 4 novembre 2003 au 25 janvier 2004; Versailles, Musée National du Château, du 2 mars au 30 mai 2004. L'exposition rassemble plus de 70 sculptures de Houdon, dont ses bustes les plus célèbres ainsi que plusieurs uvres à sujets allégoriques tels Le Baiser donné (ci-contre) et La Frileuse. Le site du J. Paul Getty Museum propose un excellent survol de l'exposition, accompagné de nombreuses images interactives (on peut « tourner » certains bustes sur 360°) et d'une présentation audio du fameux tableau de Boilly représentant Houdon dans son atelier. Le tout est complété par un important dossier de presse. Catalogue Jean-Antoine Houdon: Sculptor of the Enlightenment établi par Anne L. Poulet, University of Chicago Press et National Gallery of Art, Washington, 384 pages. Version française: Houdon, sculpteur des Lumières, Éditions de la Réunion des musées nationaux, 400 pages. Compte rendu de Stéphane Guégan sur La Tribune de l'Art.
Porphyre. La pierre pourpre, des Ptolémées aux Bonaparte. Paris, musée du Louvre, du
21 novembre 2003 au 16 février 2004. « De l'époque hellénistique à la fin du XVIIIe siècle, le porphyre occupe une place à part parmi les matériaux destinés à l'architecture ou à la sculpture. Son extraordinaire dureté, qui en rend le travail très difficile, le monopole impérial de son exploitation et, surtout, la couleur pourpre dont il tire son nom lui confèrent un caractère précieux et symbolique remarquable. Des statues colossales de la collection Borghèse à l'Aigle de Suger (ci-contre), cette exposition réunit également bustes et vases, permettant notamment de mieux comprendre l'histoire de ces uvres, souvent difficiles à dater. » Catalogue établi sous la direction de Philippe Malgouyres, Éditions de la Réunion des musées nationaux, 208 p., 180 illustrations. Compte rendu par Didier Rykner sur La Tribune de l'Art .
Tanagra. Mythe et archéologie. Paris, musée du Louvre, du 19 septembre 2003 au 5 janvier 2004;
Canada, Musée des Beaux-Arts de Montréal, du 5 février au 9 mai 2004. « Les "Tanagras" tirent leur nom d'une ancienne cité de Béotie (Grèce), dont la nécropole fut fortuitement découverte au début des années 1870. Ces figurines en terre cuite devinrent rapidement objets de convoitise et reflets des rivalités entre grands musées ou particuliers, allant jusqu'à susciter la production de nombreux faux, tout en demeurant une source d'inspiration mythique pour plusieurs générations d'artistes. » Ci-contre: La Sophocléenne, femme drapée dans un himation, statuette en terre cuite provenant de Tanagra, 330 av. J.-C.
Statue of an Emperor: A Conservation Partnership. Los Angeles, J. Paul Getty Museum, jusqu'au 12
septembre 2004. Exposition didactique relatant la conservation d'une statue antique de l'empereur Marcus Aurélius. Le but de ce projet, entrepris en 1998 en collaboration avec le musée Pergamon de Berlin, dépositaire de la statue, était de stabiliser l'uvre, dont les joints menaçaient de se défaire. Composée de quelque 40 fragments, certains originaux, d'autres rapportés aux XVIIIe et XIXe siècles, la statue a été complètement désassemblée, nettoyée et réassemblée dans les laboratoires du Getty. Une vidéo fascinante, accessible en ligne sur le site du musée, montre les étapes du processus et les techniques utilisées. L'exposition met en relief l'évolution des méthodes de restauration et de conservation depuis le XVIIIe jusqu'à nos jours.
Verrocchio's David Restored: A Renaissance Bronze from the National Museum of the Bargello,
Florence. Atlanta (Géorgie), High Museum of Art, du 22 novembre 2003 au 8 février 2004; Washington (D.C.), National Gallery of Art, du 13 février au 21 mars 2004. Restauré et nettoyé en 2002-2003, le David de Verrocchio (ca. 1435-1488), un des grands chefs-d'uvre de la Renaissance, est présenté dans le contexte d'autres uvres de la même époque et, « pour la première fois depuis 527 ans », avec la tête de Goliath placée dans sa position originale. Catalogue établi par David Alan Brown et al, Atlanta High Museum of Art et Giunti Editore, 96 pages, 90 illustrations. Une « exploration interactive » en ligne propose, entre autres chapitres intéressants sur l'artiste et son uvre, une explication du procédé de la fonte à cire perdue, à mettre en rapport avec l'extraordinaire vidéo « Making Bronzes » sur le site du musée Getty.
Ivoires. De l'Orient ancien aux temps modernes. Paris, musée du Louvre, du 25 juin au 30 août
2004. « L'ivoire et les autres matières dures d'origine animale ont été des supports privilégiés de la création d'uvres d'art. Le musée du Louvre possède dans ce domaine des chefs-d'uvre qui formeront l'essentiel de l'exposition, du Proche-Orient ancien à l'Égypte et à Rome. L'Occident médiéval, le monde de l'Islam et la plupart des civilisations des cinq continents ont également apprécié ces matières pour leur beauté et leur qualité et les ont largement utilisées pour des réalisations religieuses aussi bien que profanes. » Catalogue Ivoires sous la direction dAnnie Caubet et Danielle Gaborit-Chopin, Éditions de la Réunion des musées nationaux, 176 pages.
Diane, une figure de légende. Sa présence dans les parcs et jardins. Domaine départemental
Garenne-Lemot, 44190 Gétigné (Sèvres nantaise), du 2 avril au 3 octobre 2004. Visites commentées pour individuels, les dimanches, mercredis et jours fériés à 16 h. « Peintures, sculptures, objets dart et uvres musicales invitent à retrouver les multiples épisodes de lhistoire dune divinité connue surtout sous limage de Diane chasseresse. Le regard sensible du photographe Jean-Christophe Ballot rappelle, lui, lexceptionnelle présence de Diane dans les parcs et jardins du XVIe au XVIIIe siècle et sattarde sur les Bains de Diane du parc de la Garenne Lemot. » Ajoutons que cette visite permettra surtout aux amateurs de Pradier de découvrir le vaste domaine aménagé par son maître, le sculpteur François-Frédéric Lemot (1771-1827), que l'on peut également découvrir en ligne grâce à l'excellent historique agrémenté d'illustrations et de plans sur le site Culture en Loire-Atlantique. Catalogue de l'exposition par Marie Richard et Vincent Lecourt, 72 pages, illustrations, Éditions du Conseil Général de Loire-Atlantique. Autre publication en rapport: Diane-Artémis, un mythe contemporain, photographies de Jean-Christrophe Ballot, texte dintroduction par Marie Richard, 60 pages, Paris, Editions Créaphis.
Des statues pour un jardin, une histoire du Domaine de Sceaux. Orangerie du domaine de Sceaux, du
11 décembre 2003 au 6 avril 2004. Devenu en 1937 Musée de lIle-de-France (pendant régional du musée Carnavalet à Paris), lactuel château de Sceaux ne date que du XIXe siècle. Le parc, en revanche, est resté, dans ses grandes lignes, fidèle aux dessins de Le Nôtre. En 1793, lorsque le domaine devient bien national, il restait encore une centaine de sculptures, dues notamment aux ciseaux de Coysevox et des frères Marsy. Elles furent dispersées ensuite dans différents domaines de la région et en Province. L'exposition les replace dans leur environnement naturel par rapport à quatre thèmes: l'architecture du parc, sa végétation, ses jeux d'eau et les jeux de lumière au fil des quatre saisons. Elle invite également les visiteurs à les découvrir dans le parc. Une brochure de 64 pages résume l'histoire du domaine.
Le Crystal Palace à Sydenham. Dulwich Picture Gallery, Gallery Road, Dulwich Village, London, du
4 février au 18 avril 2004. L'exposition coïncide avec le 150e anniversaire de l'inauguration du Crystal Palace à Sydenham, chef-d'uvre de l'architecte Paxton. Presque deux fois la taille de la première structure élevée à Hyde Park pour la Great Exhibition de 1851, il abrita à l'origine un extraordinaire jardin d'hiver dont les allées étaient ornées de sculptures. Parmi celles-ci la présence de La Toilette d'Atalante de Pradier et de son groupe de Vénus et l'Amour (exemplaires probablement en plâtre) est attestée par des daguerréotypes conservées à la Guildhall Library de Londres. Toutes ces sculptures ont dû disparaître dans l'incendie qui détruisit l'édifice en 1936. L'exposition vise à situer le Palace dans son contexte social et culturel à travers un riche ensemble de tableaux contemporains, de photographies originales, de gravures et de plâtres.
Comic Art: the Paris Salon in Caricature. Los Angeles, J. Paul Getty Museum, du 18 novembre
2003 au 15 février 2004. L'exposition - la première de son genre aux États-Unis - présente environ 70 uvres choisies dans une collection de plus de 900 caraicatures françaises acquise par le Getty Research Institute en 1993. Les liens entres les uvres exposées et les tableaux ou sculptures appartenant au musée sont mis en évidence. Des photographies du Salon par Gustave Le Gray et d'autres photographes, des journaux satiriques de la période, d'autres matériaux encore provenant des collection du Research Institute, complètent l'exposition, qui couvre les années 1830-1900. (Ci-contre: Honoré Daumier, « Un jour où l'on ne paye pas. Vingt-cinq degrées de chaleur », dans Le Charivari, 17 mai 1852)
Maestà di Roma: Da Napoleone all'Unità d'Italia. Dans le cadre de cette expostion tripartite et à
l'occasion du bicentenaire de la Villa Médicis, l'Académie de France à Rome a organisé du 8 mars au 29 juin 2003 une exposition sur les artistes français à Rome au XIXe siècle. Bizarrement, aucune uvre de Pradier n'y a été présentée. Voir sur La Tribune de l'Art le compte-rendu de Didier Rykner et son entretien avec Olivier Bonfait, commissaire général de l'exposition de la Villa Médicis.
Trésors d'argent: Les Froment-Meurice, orfèvres romantiques parisiens. Paris, Musée de la Vie
Romantique (ancien atelier Ary Scheffer), du 4 février au 29 juin 2003. Deux uvres exécutées en collaboration avec Pradier l'un des cinq Bracelets aux nymphes (ci-contre) et le Vase du baron Feuchères - ont été exposées. Lire le compte rendu de Didier Rykner sur La Tribune de l'Art .
Un témoin de l'histoire: la statue équestre du Duc d'Orléans à Alger et à Paris. Château d'Eu
(Seine-Maritime), Musée Louis-Philippe. Dans le cadre de « l'Année de l'Algérie en France» (2003), le Musée Louis-Philippe a consacré une intéressante exposition à la statue équestre du duc d'Orléans exécutée par Marochetti en 1842-1845 et fondue en deux exemplaires, l'un pour Paris (actuellement au château d'Eu) et l'autre pour Alger (actuellement à Neuilly). Le site Web de la ville d'Eu en donne un aperçu général, avec un historique de la statue et de ses deux bas-reliefs. Pradier avait brigué avec acharnement la commande de cette uvre. Une importante lettre inédite à ce sujet, adressée au roi Louis-Philippe, sera publiée au 5e volume de sa Correspondance.