20/4/05 Le sculpteur Jacques-Léonard Maillet, élève de Pradier (Olivier Jeunet, Paris).
J'ai été très intéressé par votre site découvert ce jour lors de mes recherches sur un autre sculpteur du XIXe siècle. Jacques-Léonard Maillet, le grand-père de ma grand-mère, était un élève de Pradier et Feuchère. J'ai rassemblé quelques informations sur mon ancêtre sculpteur sur mon site http://jlmaillet.free.fr. Un buste de Louise Pradier lui est d'ailleurs attribué. Si vous jugez que mon site peut intéresser vos visiteurs, n'hésitez pas à ajouter son adresse dans votre rubrique « Liens », réciproquement je ferai de même sur mon site! Bien entendu toute information sur Jacques Maillet que vous pourriez trouver lors de vos recherches sur Pradier m'intéressent au plus haut point !
22/4/05 Réponse D. Siler.
C'est avec grand plaisir que j'ai lu votre mail et parcouru rapidement votre site Maillet. Je réponds en hâte aujourd'hui, quitte à vous écrire plus longuement quand j'aurai plus de temps. C'est bien volontiers que je parlerai de votre site sur le Forum Pradier, peut-être d'ici quelques jours dans une « Brève ». Je viens de retrouver dans mes dossiers quelques notes au sujet de Maillet, notamment une mention dans la Correspondance de Flaubert. Son nom est cité aussi dans deux ou trois lettres de Pradier à propos du concours du Prix de Rome en 1846 et 1847 (lettres publiées dans mon édition de la Correspondance de Pradier). Enfin, j'ai aussi quelques notes relevées aux Archives Nationales dans la série AJ52 (dossiers individuels des élèves de l'Ecole des Beaux-Arts). Je vous enverrai tout cela la prochaine fois si cela vous intéresse. Vous dites qu'un buste de Louise Pradier est attribué à Maillet? Cela m'intéresse beaucoup. En avez-vous une photo?
22/4/05 Réponse Olivier Jeunet.
Merci de votre réponse. Concernant le buste dont je vous ai parlé, après vérification ce soir dans mes dossiers, il ne s'agit pas de Louise Pradier mais de Claire! Claire est décédée en 1846 et Jacques Maillet était élève à l'école des beaux arts de 1840 à 1847...et 3 ans plus agé que Claire...tout celà est plausible! J'ai une photocopie de très mauvaise qualité mais je peux essayer de la scanner. Cette statue a été à vendre à Bruxelles, Galerie d'Arenberg, et je sais que le musée d'Orsay projetait de l'acquérir...je ne sais pas la suite de l'histoire!
Vous avez peut-être lu sur mon site que Maillet a également sculpté le Niobide d'après l'uvre de Pradier, pour le tombeau de ce dernier (1852) au cimetière du Père Lachaise... Habitant en banlieue de Paris, je projette d'aller voir cette uvre (si elle existe encore?).
Par ailleurs je suis bien entendu vivement intéressé par toute information sur Maillet ou courrier le citant que vous voudrez bien me faire parvenir à l'occasion.
Après deux ans de recherches locales (le week end) je voudrais maintenant faire connaître mon site pour trouver éventuellement d'autres informations sur mon aïeul ou traces d'uvres non encore recensées dans ma liste...et en celà un petit coup de pouce sur votre site, plus visité que le mien, serait le bienvenu. De même si je peux vous aider à une recherche sur Pradier, ce sera avec plaisir.
22/4/05 Réponse D. Siler.
Je connais bien le buste dont vous parlez, ayant été consulté par la Galerie Arenberg pour l'identifier! La Galerie voulait absolument que ce soit Claire Pradier mais pour ma part je n'en ai jamais été persuadé. Seulement, il me semble qu'à l'époque il n'était pas du tout attribué à Maillet. Il faudra que je revoie le catalogue de vente, dont j'ai un exemplaire. J'ai aussi une bonne photo. En ce qui concerne le tombeau de Pradier, il est toujours au cimetière du Père-Lachaise, vous le trouverez facilement si vous y allez. Il est orné de plusieurs bas-reliefs d'après les uvres de Pradier, faits par ses anciens élèves. J'ai pas mal de documentation là-dessus.
22/4/05 Réponse Olivier Jeunet.
En pièce jointe la photo du buste de Claire Pradier...désolé c'est tout ce que j'ai pu faire et encore en retraitant l'image! Je pensais que vous pouviez connaître cette uvre vue à Bruxelles! Pour ma part mes infos viennent du centre de documentation du Musée d'Orsay, auquel j'ai accès en tant que descendant de Maillet, et je n'ai moi non plus aucune certitude sur le fait qu'il s'agisse de Claire Pradier ni que Maillet en fût l'auteur! Mais je suis preneur d'une photo meilleure à l'occasion pour me faire une idée (il n'y a aucune urgence!).
23/4/05 Réponse D. Siler.
Voici en pièces jointes deux photos du buste vendu par la Galerie d'Arenberg ainsi que la notice du catalogue (imprimé en 1985 ou 1986).
En relisant la notice, je comprends maintenant pourquoi on a pu attribuer ce buste à votre aïeul. On y cite un billet de Pradier que j'avais communiqué à la Galerie, adressé vers le 2 juillet 1846 à l'institutrice de sa fille Thérèse, dans lequel on lit ceci:
Je reçois une lettre de Madame Drouet qui m'invite à genoux de [sic] finir le petit buste de sa fille. J'attends que Maliet [sic] soit hors des couronnes [mal déchiffré: il faut lire concours] pour cela, car, pour moi cela me fait mal. Cependant, j'y travaillerai.
Ainsi, le rédacteur du document que vous avez trouvé au musée d'Orsay a probablement conclu, sur la base de cette citation, que le buste avait été achevé par Maillet. Mais rien ne le prouve et il n'est pas certain non plus que l'uvre vendue par la Galerie d'Arenberg représente Claire. Je ne vous conseille donc pas de la reproduire sur votre site.
Ce billet a été publié dans mon édition de la Correspondance de Pradier (Genève, Librairie Droz, t. III, lettre 641, p. 313).
Voici une autre lettre dans laquelle Pradier mentionne Maillet (Correspondance, t. III, lettre 584, p. 232):
AU DIRECTEUR DES MUSÉES COMTE DE CAILLEUX
[Paris, 4 septembre 1845.]
[...] Je compte encore sur votre bonté pour me faire obtenir ce morceau de marbre grec qui, je vous répète, ne peut servir qu'à moi. [...] Vous verrez, cher de Cailleux, que si vous me permettez de faire votre buste comme j'en ai l'espérance, ce que je saurai faire du restant de ce marbre. [...] L'exposition en sculpture est ouverte à présent. MM. Guillaume et Maillet, mes élèves, ont beaucoup de chances; M. Moreau aussi, élève de Ramey et Dumont. Les autres font fiasco, à part cependant Thomas qui n'est pas mal. [...]
Note: Au concours du Prix de Rome, Guillaume, Maillet, Moreau, Thomas et quatre autres sculpteurs - Aizelin, Girard, Lavigne et Perraud - exposaient chacun un Thésée. Le jury se prononça le 6 septembre 1845 en faveur de Guillaume; aucun second prix ne fut attribué, quoique la figure de Moreau fût jugée digne d'être « distinguée ». (AN, AJ52 275)
Enfin, dans la Correspondance de Flaubert (éd. de la Pléiade, t. I, p. 769, lettre de Flaubert à sa mère, datée de Rome, 29 mars 1851) on trouve ceci:Nous [Flaubert et Maxime Du Camp, au retour de leur long voyage en Orient] avons été faire une visite à Maillet, l'ancien élève de Pradier, que tu as vu dans son atelier. Il nous a parfaitement reçus, et a eu l'air content de nous revoir.
Je vois sur votre site que vous avez déjà consulté le dossier de Maillet aux Arch. Nat. dans la série AJ52 327 qui donne les dates de ses participations au concours du Prix de Rome.
Voilà à peu près tout ce que je trouve pour l'instant. Dès que possible je vais mettre un lien vers votre site dans une « Brève », car la section « Liens » est encore « en construction ».
23/4/05 Réponse Olivier Jeunet.
Merci de vos informations, tout celà est intéressant, mon père est surpris d'apprendre que son arrière-grand-père connaissait Monsieur Flaubert! Et pour ma part toute information nouvelle m'intéresse. Concernant le buste dont nous parlions j'avais de moi-même décidé de ne pas le présenter sur mon site, n'ayant pas de garanties suffisantes de l'implication de Maillet dans cette uvre... Cela reste d'autant plus vrai suite à vos explications, je suivrai donc votre conseil. Concernant les dates de participation de Maillet aux concours, je les ai obtenues à l'École des Beaux-Arts il y a deux semaines ! Merci encore et bravo pour votre travail sur Pradier qui semble considérable...compliments d'un néophyte mais qui au moins a compris le temps qu'il faut passer pour fouiller l'histoire, la vraie, celle des archives et non des manuels scolaires !
24/4/05 Réponse D. Siler.
Je suis content que mes informations vous aient intéressé. A propos de Flaubert, il n'est pas étonnant qu'il ait connu Maillet à l'atelier de Pradier car à l'époque où votre aïeul était l'élève du sculpteur il y allait très souvent. C'est là qu'a commencé sa fameuse lisaison avec Louise Colet.
Oui, c'est aux archives et dans les documents originaux qu'il faut chercher le passé, travail long et parfois fastidieux mais tellement satisfaisant quand il porte des fruits. A ce propos, n'avez-vous pas trouvé des documents ou des correspondances relatifs à Maillet dans vos papiers de famille? Qui sait si, en fouillant dans les greniers de vos parents, oncles, tantes, etc., vous ne tomberez pas sur quelques lettres de Pradier ou de Flaubert!
Je vais relire votre site plus attentivement quand j'aurai le temps de vous envoyer quelques commentaires. En attendant, je vous signale un portrait de Maillet que vous ne connaissez peut-être pas qui se trouve à la Villa Médicis. Il y est conservé avec 460 autres portraits de Prix de Rome, tous répertoriés et reproduits dans un ouvrage publié en 1979 par Georges Brunel, La Correspondance des directeurs de l'Académie de France à Rome, Édizioni Dell'Elefante, Nouvelle Série, Vol. I - Répertoires, p. 201. Je vous l'envoie en pièce jointe.
Pour votre répertoire des uvres de Maillet, avez-vous consulté le site ArtPrice?
24/4/05 Réponse Olivier Jeunet.
Concernant les documents de famille, je n'ai pratiquement rien, tous les descendants de Maillet ont été coupés de son histoire par les viscisitudes de la vie:
Maillet a eu 3 filles mais une seule a eu des enfants (dont ma grand-mère) et est décédée à son dernier accouchement. Son mari est aussi mort jeune. Ma grand-mère fut donc très vite orpheline, et Maillet décéda quand elle avait 1 an...ce qui explique probablement que la mémoire de l'artiste ne se soit pas transmise à ce moment-là.
de plus ma grand mère et sa sur ont quitté la région parisienne pour fuir l'autorité de l'oncle qui les a élevées...et l'épidémie de grippe espagnole lors de la grande guerre.
Depuis la famille a prospéré dans le jura et personne ne savait rien sur Maillet avant mes recherches! Je suis l'unique descendant de Maillet qui soit établi en région parisienne. Je me souviens seulement que, lorsque j'étais enfant, ma grand-mère me disait: « Tu sais, mon grand-père, c'était quelqu'un » mais elle n'en a jamais dit plus...que savait elle au juste? Elle aurait aimé voir tout ce que j'ai trouvé depuis.
Il nous reste tout de même quelques statues et deux gros albums photo d'époque 1860-1870 en parfait état mais malheureusement sans aucun nom sur les photos, donc pour la plupart représentant des personnes non identifiables par nous, ce qui est très frustrant! Celles qui sont sur mon site viennent de là.
Savez-vous où se trouvait l'atelier de Pradier? Pour ma part je n'ai jamais pu localiser l'endroit où se trouvait celui de Maillet. Merci aussi pour le portrait de Maillet, c'est la seule image de lui jeune, j'avais récupéré une photocopie très mauvaise de ce tableau mais je ne savais pas où se trouvait l'original.
Et enfin sur ArtPrice j'ai trouvé une uvre qui m'était inconnue (trois jeunes femmes de profil, peut-être les trois filles de Maillet).
25/4/05 Réponse D. Siler.
Merci pour les précisions sur la descendance de votre aïeul. Pour Pradier j'ai eu plus de chance, ses héritiers ayant conservé pas mal de choses, et j'ai bien connu ses arrière-petits-enfants, qui m'ont généreusement communiqué leurs archives.
En ce qui concerne le (ou les) atelier(s) de Maillet, vous pourriez probablement trouver des adresses dans le Bottin de l'époque ou dans les catalogues des Salons, consultables à la BNF. L'histoire des ateliers de Pradier est un peu compliqué. Le premier qu'il a occupé à son retour de la Villa Madicis en 1819 et qu'il a loué pendant presque toute sa carrière se trouvait au Palais Abbatial, rue de l'Abbaye, derrière l'église de St-Germain-dès-Près. Mais à partir de 1830 il a joui simultanément, en tant que membre de l'Institut et professeur à l'Ecole des Beaux-Arts, d'un autre espace de travail aménagé dans le bâtiment des « Quatre Nations », dans la 2e grande cour de l'Institut. Enfin vers 1845-46 le gouvernement lui a accordé un atelier dans le pavillon ouest de l'Institut, sur le quai Conti. C'était en fait l'ancien atelier de son maître, François-Frédéric Lemot, dans lequel il avait fait ses premières études. Je crois que c'est vers ce temps-là qu'il a délaissé l'atelier du Palais Abbatial car à sa mort en 1852 il n'occupait plus que les deux ateliers de l'Institut. Maillet a dû suivre son enseignement d'abord dans celui du Palais Abbatial et ensuite dans l'un des deux autres.
Je vois sur votre site que vous avez consulté les archives du Louvre. Je n'y suis pas retourné depuis des années. Est-il toujours nécessaire d'avoir l'autorisation d'un conservateur du Louvre pour y avoir accès?
25/4/05 Réponse Olivier Jeunet.
Merci pour ces précisions, je vais effectivement essayer la BNF. Sur les bottins de l'époque je n'ai trouvé que ses trois adresses personnelles successives...mais peut-être que l'atelier se trouvait là aussi. J'espère aussi pouvoir trouver des choses dans le minutier des notaires (à l'époque tout passait par eux) à partir d'un acte de succession d'une des filles Maillet qui est resté dans la famille, mais je suppose que les recherches y sont assez complexes.
Concernant les archives du Louvre: je ne les ai pas consultées directement, mais j'aimerais le faire (parmi les innombrables statues qui décorent les façades du palais, trois ou quatre sont signées Maillet). Les références aux archives du Louvre que vous avez vues sur mon site proviennent en fait du centre de documentation du musée d'orsay, ce sont des documents étudiés par d'autres que moi et qui figuraient dans le dossier Maillet du Musée d'Orsay. Mais si j'ai l'occasion et surtout le temps d'aller au Louvre avant vous je vous expliquerai la procédure.
25/4/05 Réponse D. Siler.
Savez-vous que vous pouvez consulter un certain nombre de catalogues des salons directement en ligne dans la base Gallica de la BNF ? Dans le menu de recherche il suffit de taper le mot « Explication » (le titre le plus habituel des catalogues étant Explication des ouvrages ... des artistes vivants, exposés au ..., etc.) pour en afficher la liste. En en choisissant un au hasard celui de 1865 je viens d'y trouver, p. 409, votre aïeul! « Né à Paris, élève de Pradier », il exposait sous le n° 3061 un buste en marbre de Charles Christofle. En plus des uvres exposées, le catalogue énumère les différents prix qu'il a remportés et donne son adresse: rue Carnot, 5. Normalement ce serait l'adresse de son atelier. Il faudrait regarder dans cette base tous les autres catalogues qui peuvent concerner votre aïeul, tant pour connaître ses adresses que pour compléter votre répertoire de ses uvres.
Pour les catalogues qui ne s'y trouvent pas, vous pourriez essayer de voir la réimpression qui est en cours de publication par Pierre Sanchez et Xavier Seydoux, Les catalogues des salons, éd. L'Échelle de Jacob, Dijon. Le 3e volume s'arrête, je crois, à l'année 1850, mais d'autres volumes ont peut-être déjà paru. Je n'ai pas encore vu cette publication moi-même.
D'accord pour les archives du Louvre. En ce qui concerne les minutes de notaires, elles m'ont fourni énormément d'informations sur Pradier. On les consultait autrefois au Minutier central mais je crois qu'aujourd'hui il faut les demander dans la salle de lecture des Archives Nationales, hôtel de Rohan, rue des Francs-Bourgeois. C'est ce qu'on m'a dit la dernière fois que j'y suis allé, il y a deux mois. Elles sont classées par études et reliées dans de grosses liasses par ordre chronologique. Pour trouver celles qui concernent Maillet, il vous suffit de connaître le nom de son, ou de ses, notaire(s).
(à suivre)
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