6/10/04 Le peintre Félix-Henri Giacomotti, ami de John Pradier (D. Siler à Jérôme Pontarollo).
Je viens de parcourir rapidement votre site Giacomotti (monsite.wanadoo.fr/giacomotti/index.jhtml) dont j'ai eu connaissance par le biais du site www.latribunedelart.com de Didier Rykner. J'aurais quelques renseignements intéressants à vous communiquer au sujet des relations entre Giacomotti et « John » Pradier (1836-1912), le fils du sculpteur James Pradier. John connaissait bien Giacomotti et relate dans son journal intime plusieurs rencontres avec lui dans les années 1870. Si ces textes pourraient vous intéresser (plusieurs mentionnent des uvres de Giacomotti), dites-le-moi et je tâcherai de vous les envoyer. J'anime moi-même un site consacré au sculpteur Pradier, tout en préparant une édition de sa Correspondance (3 vols. publiés, 2 à paraître).
10/10/04 Réponse Jérôme Pontarollo.
J'ignorais que Giacomotti était ami avec John Pradier. En effet, les deux biographies de Giacomotti parues à Besançon en 1910 omettent toutes les deux cette relation et mes recherches n'ont jamais pu établir un quelconque lien entre les deux artistes. Ainsi, si vous pouviez me faire parvenir les informations en votre possession, je vous en serais reconnaissant. A la lecture de vos documents, je pourrais peut-être vous donner à mon tour des informations sur Pradier?
10/10/04 Réponse D. Siler.
C'est bien volontiers que je vous ferai parvenir les extraits du journal de John dès que j'aurai l'occasion de les recopier. Ils ne sont pas très longs mais j'ai plusieurs autres tâches en attente. Je suis sûr qu'ils vont vous intéresser, d'autant plus qu'ils contiennent des renseignements inédits (je suppose) sur certaines uvres de Giacomotti. Pour ne citer qu'un exemple, de mémoire: son portrait de l'astronome Leverrier a été fait d'après le buste de Leverrier par Pradier. Il a aussi fait un portrait de John, je crois, et de l'un de ses fils.
Une question: Auriez-vous rencontré par hasard dans votre travail sur Giacomotti le peintre Jean-Baptiste « Marius » Fouque? Comme il était aussi un ami de John (qui était, lui aussi, peintre), leurs chemins ont pu se croiser. Vous trouverez sur mon site un article consacré à Fouque par Fr. et Ph. Dumoulin: « Le peintre Marius Fouque, ami et portraitiste de Pradier ».
10/10/04 Réponse Jérôme Pontarollo.
Merci de votre gentillesse et surtout ne vous pressez pas pour m'envoyer les extraits. En effet, tout comme vous, je suis relativement occupé, notamment avec la préparation de l'exposition Giacomotti à Étampes. Concernant votre question sur le peintre Jean-Baptiste Marius Fouque, Giacomotti ne semble pas l'avoir fréquenté (du moins je n'en ai aucune trace). Merci pour votre info sur Leverrier, je m'en vais de ce pas chercher une représentation de ce buste sur Internet ou plus tard à la bibliothèque.
11/10/04 Réponse D. Siler.
Le portrait de Leverrier par Giacomotti est reproduit sur le site de l'Observatoire de Paris, que vous connaissez probablement. Quant au buste de Leverrier par Pradier, voici ce que John Pradier a noté dans son journal intime le 20 décembre 1877 après une visite à l'atelier de Giacomotti:[Giacomotti] avait dans son atelier le buste en bronze de Leverrier fait par mon père, buste original prêté par la famille [Leverrier]. M. Giacomotti faisait le portrait du célèbre astronome décédé dernièrement.
Claude Lapaire, ancien directeur du Musée d'Art et d'Histoire de Genève, qui prépare actuellement le catalogue raisonné de l'uvre de Pradier, m'a informé qu'il a retrouvé le buste en marbre mais non la réplique en bronze. Celle-ci serait une commande du comte de Salvandy, ministre de l'Instruction Publique. Si vous trouvez une image de l'un ou de l'ature, j'aimerais bien savoir où, car nous n'en avons pas trouvé lors de la rétrospective Pradier, Statues de chair, en 1985-86, et je n'en ai jamais vu. Je ne crois pas qu'il y en ait sur Internet.
9/11/04 Réponse Jérôme Pontarollo.
Je viens de fouiller dans mes classeurs consacrés à Giacomotti et j'ai eu l'agréable surprise de constater que Giacomotti avait peint un portrait de son ami John Pradier en 1877 (A. Estignard, Giacomotti, sa vie, ses oeuvres, Besançon, Imp. Joseph Jacques, 1911). Malheureusement, la localisation et l'existence même de cette uvre restent inconnues.
12/11/04 Réponse D. Siler.
En ce qui concerne le ou les portrait(s) de John Pradier par Giacomotti, je suis heureux de pouvoir vous signaler qu'il y en a un chez les descendants de John et que j'en possède une très bonne photo couleur. Je me demande pourtant s'il s'agit du portrait cité dans Estignard. Né en 1836, John aurait eu 41 ans en 1877. Or sur le portrait appartenant à ses descendants il fait 30 ou 35 ans tout au plus. Mais comme vous le verrez dans les extraits de son journal, il a aussi posé, vers 1870, pour un personnage d'apôtre dans une des trois fresques peintes par Giacomotti à l'église Saint-Étienne-du-Mont. Les connaissez-vous?
12/11/04 Réponse Jérôme Pontarollo.
Merci pour ces informations. Concernant l'éventualité d'un portrait de John Pradier dans l'un des trois tableaux de l'église Saint-Étienne-du-Mont, je pense qu'il s'agit de Jésus bénissant les enfants (1867). En effet, il y a trois moines vêtus de robes de bure dans le fond du tableau (peut-être l'un d'eux est-il John Pradier?). Je penche pour cette hypothèse car dans La Pentecôte (1870) et Jésus au milieu des docteurs (1868), les personnages secondaires sont souvent représentés de dos et les rares exceptions sont des vieillards ou des personnages de couleur. De plus, le groupe d'hommes de Jésus bénissant les enfants attire l'attention car sa présence n'est pas indispensable et semble même douteuse (au milieu de toutes ces femmes et de ces enfants .c'est étrange). On dirait que Giacomotti l'a ajouté au tout dernier moment (les critiques de l'époque avaient déjà fait la même remarque et évoqué le fait qu'il s'agissait peux être du même patron). Peut-être que ces trois moines sont en fait trois portraits légèrement différents de John Pradier? Qu'en pensez-vous?
Je vous envoie les trois fiches (je m'excuse de la piètre qualité des photos, je n'avais pas d'appareil numérique à l'époque et les trois tableaux sont accrochés en hauteur et mal éclairés. Vous avez déjà dû vous en rendre compte par vous-même).
Félix-Henri Giacomotti
Jésus bénissant les enfants, Salon de 1867
Huile sur toile, H. env. 3,5 m, L. env. 2,5 m
Église Saint-Étienne-du-Mont, Paris
cliquez pour agrandir
Félix-Henri Giacomotti
Jésus au milieu des docteurs, vers 1868 (?)
Huile sur toile, H. env. 3,5 m, L. env. 2,5 m
Église Saint-Étienne-du-Mont, Paris
cliquez pour agrandir
Félix-Henri Giacomotti
La Pentecôte, Salon de 1870
Huile sur toile, H. env. 3,5 m, L. env. 2,5 m
Église Saint-Étienne-du-Mont, Paris
cliquez pour agrandir
Historique des trois tableaux: voir Annexe A.
14/11/04 Réponse D. Siler.
Merci bien pour les photos. Comme vous pourrez le constater en lisant les extraits du journal de John Pradier (voir Annexe B), c'est pour l'un des docteurs de la fresque de Jésus au milieu des docteurs – le personnage « en vert clair », dit-il, – que John aurait posé. Mais sur votre photo il est difficile de deviner lequel, par rapport à son portrait à l'huile par Giacomotti. Ce portrait, signé « F.G. » en bas à gauche, appartient toujours à la famille Pradier. Je vous l'envoie en pièce jointe avec en même temps une photo de John prise vers 1880.
Félix-Henri Giacomotti
Portrait de John Pradier
Huile sur toile, H. ?, L. ? cm.
Arch. famille Pradier
John Pradier
Photographie vers 1880
Arch. famille Pradier
La famille possède également un portrait par Giacomotti de Francis Pradier, le fils aîné de John, exécuté en une seule séance de pose le 20 septembre 1881 (voir l'extrait du journal de John à cette date, Annexe B). Malheureusement je n'en ai pas de photo. J'espère que tout ceci vous sera utile pour l'exposition Giacomotti. Auriez-vous un résumé de l'exposition dont je pourrais me servir pour rédiger une annonce sur le Forum Pradier?
14/11/04 Réponse Jérôme Pontarollo.
Je ne sais pas quoi dire si ce n'est merci et encore merci. En effet, votre envoi est une mine d'information et je me réjouis de pouvoir en incorporer une grande quantité à mon mémoire. Grâce à lui, j'ai pu confirmer des hypothèses et surtout être plus précis dans la datation de certaines uvres de Giacomotti.
Concernant l'exposition d'Étampes, je n'ai pas d'information à vous communiquer puisque je n'y participe pas directement (je participe cependant au cahier du Lions Club d'Étampes (sur Giacomotti) et à la conférence de l'association Étampes-Histoire (sur Giacomotti) qui se fera au musée d'Étampes en même temps que l'exposition). Cependant, vous pouvez prendre contact avec Sylvain Duchêne du musée d'Étampes. Il se fera un plaisir de vous répondre, j'en suis sur. Je vais d'ailleurs lui parler de vous ce soir et lui communiquer une partie des extraits du journal de John Pradier car certains parlent d'uvres conservées au musée d'Étampes: La Giottina (extraits du 2 décembre 1878, du 5 mars 1879 et du 18 mars 1879), qui vient d'être restaurée pour la future exposition (17/03/05 au 15/05/05), et le portrait du paysagiste Jules Didier (extrait du 5 mai 1877), qui vient tout juste d'être acheté pour le musée.
16/11/04 Réponse D. Siler.
Je suis content de savoir que les extraits du journal de John seront utiles pour votre mémoire ainsi que pour l'exposition. Ce journal, toujours inédit, est très riche en informations sur les artistes de l'époque car John en connaissait beaucoup et raconte souvent ses rencontres avec eux.
A propos de la fresque de Jésus au milieu des docteurs que vous datez de , comment réconcilier cette date avec le témoignage de John? Car il affirme avoir posé pour l'un des docteurs quand il était seul à Paris, ayant laissé sa femme et ses enfants à Genève. Comme je le signale dans mes annotations des extraits, il s'est installé à Genève tout de suite après son mariage en mai 1867 et le « calendrier-journal » tenu par sa femme (arch. famille Pradier) ne fait état d'aucun retour à Paris avant l'été 1871. Il faut remarquer toutefois que ce document est lacunaire pour la période allant de mai à octobre 1868.
20/11/04 Réponse Jérôme Pontarollo.
Excusez-moi pour la lenteur de ma réponse, mais jétais à Lyon. Effectivement, votre journal de John Pradier est une très belle pièce concernant l'histoire de l'art français du XIXe siècle. Ce qui m'a séduit dans ce document, c'est le fait qu'il s'agit d'un témoignage vivant de la vie des artistes de cette époque; on est loin des biographies et autres livres qui étaient consacrés à ces hommes au début du XXe siècle (souvent écrit à la hâte et avec finalement très peu de recherche je dis ça par rapport à la biographie de Giacomotti par Estignard faite en 1909).
Concernant Sylvain Duchêne, il vient de m'écrire et je pense qu'il serait très intéressé par les deux portraits de la famille Pradier. L'exposition commence d'ailleurs à devenir beaucoup plus importante que prévu (déjà trois collectionneurs prêtent généreusement leurs uvres de Giacomotti pour l'exposition, alors qu'un seul était prévu il y a à peine un mois).
A propos du tableau de Jésus au milieu des docteurs (il s'agit en fait, d'une huile sur toile et non d'une fresque, même si John Pradier parle effectivement de fresques dans son journal), j'ai daté celui-ci de 1868, mais il s'agissait d'une simple déduction par rapport aux critiques de l'époque et des écrits d'Estignard (toujours très vagues et parfois faux). D'après le journal de John Pradier et les informations dont vous disposez, nous pouvons dire que le tableau date de l'année 1867 (A moins que John n'ait posé en début de l'année 1867 et que Giacomotti n'ait pu terminer le tableau qu'en 1868, faute de temps une nouvelle séance de pose aurait pu se faire durant la période mai-octobre 1868?). Quoi qu'il en soit la datation gagne en précision et je vous en remercie.
31/3/05 Réponse D. Siler.
A moi cette fois de m'excuser de la lenteur de ma réponse! [...] J'ai correspondu avec Sylvain Duchêne au sujet des portraits par Giacomotti conservés par la famille Pradier mais il ne m'a pas dit s'il a pu les avoir pour l'expo. Concernant la datation de Jésus au milieu des docteurs, j'avais conclu pour ma part que John a dû poser pour l'un des personnages peu de temps après son retour définitif de Genève, au début de l'été 1871, car il affirme dans son journal avoir posé étant seul à Paris, avant le retour de sa femme et de ses enfants restés encore quelque temps en Suisse.
Merci pour les renseignements sur votre maîtrise, la création de votre site, etc. Travaillez-vous encore au musée de Brou (qui possède des uvres de Pradier)?
5/4/05 Réponse Jérôme Pontarollo.
L'exposition sur Giacomotti à Étampes ne présente pas les portraits de la famille Pradier (du moins à ma connaissance). Je me rend sur place vendredi et je ferai une conférence samedi à la salle municipale. Le vernissage, quant à lui, aura lieu dimanche matin. Je me permets de vous faire parvenir une copie du texte qui me servira pour ma conférence, ainsi que le texte du Lion's Club qui compose leur cahier entièrement dédié au peintre.
En ce qui me concerne je suis toujours médiateur culturel au Musée de Brou (qui, à ma connaissance, n'a pas d'uvres de James ou John Pradier...mais je vais faire des recherches plus approfondies, je vous tiens au courant).
7/4/05 Réponse D. Siler.
J'ai reçu de la Mairie d'Étampes le cahier du Lion's Club, que j'ai tout de suite lu d'un bout à l'autre avec beaucoup d'intérêt. Toutes mes félicitaions pour ce beau travail. Je regrette seulement que vous n'ayez pas pu évoquer les relations entre Giacomotti et John Pradier, ni les tableaux de Saint-Étienne-du-Mont. Mais cette lacune est comblée tant soit peu par la publication en ligne de nos messages. Bonne chance pour votre conférence samedi.
A propos des uvres de Pradier au musée de Brou à Bourg-en-Bresse, il y en a au moins deux: un plâtre du petit groupe intitulé L'Amour et Psyché, légué au musée par un élève de Pradier (Roubaud), ainsi qu'un exemplaire en bronze de ce même groupe. Vous trouverez des indications là-dessus dans mes échanges avec l'antiquaire John-Paul Bogart (courrier du 18 mai 2004).
12/4/05 Réponse Jérôme Pontarollo.
Bonsoir, je suis de retour à Bourg-en-Bresse et je peux désormais consulter mes messages et par conséquent vous répondre. L'exposition a été un franc succès (environ 120 personnes au vernissage le dimanche et 70 personnes à ma conférence du samedi). J'ai vraiment passé un très bon week-end et je crois qu'à cette occasion les étampois ont redécouvert Giacomotti et se sont enthousiasmés d'avoir une nouvelle personnalité en rapport avec leur ville. D'ailleurs, ils s'intérrogent sur la possibilité de restaurer la tombe du peintre, qui disparaît d'année en année. Merci pour vos compliments concernant le cahier du Lion's club, il est vrai qu'ils ont fait du très beau travail avec mon texte (je ne m'attendais pas à tout ça...).
Pour en revenir à James Pradier, il n'apparaît pas dans le cahier car il fallait rester dans le contexte régional et donc parler exclusivement des relations de Giacomotti avec la famille Vivaux (le fils de François Vivaux était présent avec son épouse à la conférence, c'est une personne qui m'a beaucoup aidé au début de mon mémoire et il était normal qu'il soit présent et que je parle de ses toiles).
14/4/05 Réponse D. Siler.
Merci pour les nouvelles du vernissage et de votre conférence. Je suis ravi de savoir qu'ils ont suscité tant d'intérêt. Etes-vous content de l'exposition elle-même, du choix des tableaux, etc.? Au fait, combien de tableaux sont exposés, et lesquels? Je ne trouve aucune description de l'exposition sur Internet.
Dans votre plaquette du Lion's Club, vous mentionnez qu'il y avait trois ou quatre cents portraits sur les murs de la salle à manger de la Villa Médicis, parmi lesquels se trouvaient ceux peints par Giacomotti des pensionnaires arrivés en même temps que lui. A ce propos avez-vous consulté la Correspondance des directeurs de l'Académie de France à Rome publiée par Georges Brunel (Edizioni Dell'Elefante, 1979)? Le vol. I (Répertoires) reproduit tous ces portraits (460 en tout), dont celui de Giacomotti lui-même (inscrit « Giacomotti peintre, 1854 ») et trois autres signés par lui (Paul Émile BONNET, architecte, 1854; Théodore Pierre Nicolas MAILLOT, peintre, 1854; Jean-Baptiste CARPEAUX, sculpteur, 1854). Il y a probablement des documents intéressants concernant Giacomotti dans les archives de la Villa Médicis, que j'ai compulsées avec profit pour Pradier il y a beaucoup d'années. Mais pour cela il vous faut aller sur place!
Dans un de mes mails précédents je vous ai écrit par erreur, je crois, sur la base d'un renseignement inexact trouvé dans mes dossiers, que Giacomotti avait étudié comme John Pradier à l'atelier de Charles Gleyre. Il faut néanmoins retenir le fait que, selon les adresses données par John dans son journal, il aurait occupé l'ancien atelier de Gleyre, rue de Vaugirard 69, dans les années 1870.
Concernant l'Amour et Psyché de Pradier au musée de Brou, si vous aviez facilement accès aux réserves du musée et si vous en aviez le temps, je vous demanderais de vérifier un jour deux ou trois petits détails sur le plâtre. Des photos du plâtre pourraient aussi être utiles. A part ça, j'aimerais éventuellement avoir une copie de la fiche d'inventaire et de tout autre documentation que vous pourriez trouver au musée. Merci!
21/4/05 Réponse Jérôme Pontarollo.
Concernant le groupe de l'Amour et Psyché de Pradier qui est conservé à Brou, jen ai informé la documentaliste (Mme Michèle Duflot). Elle vous communiquera les informations via votre messagerie Internet. Les photos du plâtre seront plus délicates et il faudra attendre quelque temps pour les avoir (je nai pas accès aux réserves directement, je dois demander au régisseur des uvres je lui en ai parlé, mais nous sommes en pleine préparation dune exposition sur le trompe-l'il et il manque de temps ).
Pour les uvres de lexposition Giacomotti, certaines apparaissent dans le compte rendu publié par Jérôme Montcouquiol sur La tribune de lArt. Personnellement jai été satisfait des tableaux.
Dans le désordre :
- Abraham lavant les pieds aux anges (il est superbe);
les portraits de la famille Vivaux (très beaux pour certains (il y en avait 4), il y avait même les dessins et les esquisses préparatoires (3 en tout) pour le Portait de M. François Vivaux);
La Sainte Famille (une esquisse et le grand dessin préparatoire du musée dÉtampes: les deux images que lon voit sur le site de La tribune de lArt);
- LAmour altéré (appartient à M.Vivaux, joli mais un peu trop petit à mon goût).
- Portrait de jules Didier (microscopique );
- etc. (les tableaux présents dans la plaquette du Lion's Club pour certains et le site Internet).
Jose espérer que lexposition va jouir des uvres du musée qui étaient en restauration lors du vernissage (La Giottina, Portrait de Jules David, Portrait de M. Melet, Portrait de Joséphine Magne). Après leur retour elle nen sera que plus belle et plus complète. En résumé, lexposition a très bien marché et elle aura permis de restaurer toutes les uvres de Giacomotti conservées au musée municipal dÉtampes. En cela, je suis pleinement satisfait.
Merci pour votre bibliographie, je navais jamais consulté ces livres, je vais donc chercher ces ouvrages aussi vite que possible (cest parfois très dur de les trouver, même à Lyon ).
ANNEXE A
Trois tableaux de Félix-Henri Giacomotti dans l'église Saint-Étienne-du-Mont à Paris
(extraits du catalogue raisonné établi par Jérôme Pontarollo)
I. Jésus bénissant les enfants, vers 1867, huile/toile, H. env. 3,5 x L. env. 2,5 m.
Historique:
Ce tableau datant de 1867 fut commandé à Giacomotti avec deux autres toiles religieuses intitulées Jésus au milieu des docteurs et La Pentecôte. Il représente Jésus à droite, assis sur une chaise à l'intérieur d'une petite maison, bénissant à l'aide de ses deux mains, deux enfants. A gauche, plusieurs femmes avec leurs enfants attendent leur tour, l'une d'elle au seuil de la porte se retourne pour regarder si d'autres personnes viennent demander la bénédiction au sauveur. Dans le fond du tableau, un groupe de trois hommes assiste à la scène. Giacomotti fait ici preuve de son talent habituel à représenter les femmes italiennes, mais également de son talent de coloriste, notamment avec le rouge et le bleu très présent dans l'uvre. La seule faiblesse de ce tableau réside dans son décor extrêmement pauvre; c'est pour cette raison que le peintre a trouvé utile de peintre dans le fond un groupe d'hommes. Malheureusement, ceux-ci se ressemblent étrangement, peut-être en raison de l'utilisation d'un même patron, comme le souligne Charles Beauquier dans sa critique. Présenté au Salon de 1867, ce tableau ne connaîtra pas un grand succès, la peinture religieuse étant au milieu du XIXe siècle, totalement tombée en désuétude.
Bibliographie:
*Mantz (P), "Salon de 1867" in Gazette des Beaux-Arts, tome XXII, Paris, Imp. de J. Claye, 1867, pp.525-526.
*Beauquier (C), "Les artistes francs-comtois aux deux expositions de 1867" in Revue littéraire de la Franche-Comté, vol. IV, Besançon, Imp. Outhenin Chalandre, 1867, p.374.
*Estignard (A), Giacomotti, sa vieses uvres, Besançon, Imp. Joseph Jacques, 1911, p.49.
II. Jésus au milieu des docteurs, vers 1868, huile/toile, H. env. 3,5 x L env. 2,5 m.
Historique:
Ce tableau datant probablement de la fin des années 1860, fut commandé à Giacomotti avec deux autres toiles religieuses, intitulées, Jésus bénissant les enfants et La Pentecôte. Il représente Jésus adolescent, au centre du temple de Jérusalem, entouré par des docteurs. Le jeune homme parle aux adultes et lève la main droite comme pour appuyer ses propos. Ceux-ci l'écoutent avec attention, tandis que Marie et Joseph situés à gauche du tableau, se précipitent pour retrouver leur enfant. En effet, selon les écrits religieux, après un voyage en famille à Jérusalem, Jésus s'enfuit sans raison apparente. Après trois jours de recherches infructueuses, ses parents le retrouvèrent au temple, en train de donner des leçons aux différents docteurs de la ville. Par leur souffrance, Marie et Joseph venaient d'accomplir la prophétie du vieillard Syméon, annoncée lors de la consécration de Jésus au temple.
Bibliographie:
*Estignard (A), Giacomotti, sa vieses uvres, Besançon, Imp. Joseph Jacques, 1911, p.49.
III. La Pentecôte, vers 1870, huile/toile , H. env. 3,5 x L env. 2,5 m.
Historique:
Ce tableau également appelé La descente du Saint-Esprit date approximativement de 1870 et fut présenté au Salon de la même année. Commandé à Giacomotti avec deux autres toiles religieuses intitulées Jésus bénissant les enfants et Jésus au milieu des docteurs, il représente Jésus debout sur une estrade, entouré de plusieurs personnages. Levant les bras au ciel, il ne semble pas effrayé par les éclairs qui surgissent d'un nuage, situé au-dessus de sa tête. Parmi les autres personnages, certains tendent les mains vers lui, d'autres semblent prier. Au centre, la Vierge Marie est assise. Malgré son titre, ce tableau de Giacomotti ne fait pas allusion à Moïse, au mont Sinaï, ou aux tables de la Loi, mais à la descente du Saint-Esprit sur les croyants, le jour de la Pentecôte, annoncée par l'apôtre Pierre. Celui-ci devait baptiser tous les repentis et les habiter pour toujours.
Nous devons signaler qu'une esquisse de ce tableau sera vendue à la vente après décès.
Bibliographie:
*Catalogue des tableaux et dessins composant l'atelier F-H Giacomotti, vente publique; Paris, Hôtel Drouot Salle 6, 17 mars 1910, p.17.
*Estignard (A), Giacomotti, sa vieses uvres, Besançon, Imp. Joseph Jacques, 1911, p.49.
ANNEXE B
Félix-Henri Giacomotti dans les « Cahiers des enfants » de John Pradier 1
24 nov. 1872
Francis2 et moi nous allons à pied chez Giacomotti voir sa copie du Corrège faite à Londres (Vénus, Mercure et l'Amour).
9 janv. 1874
Retenu au bureau, il est trop tard pour me rendre chez Desbarolles auquel j'écris ainsi qu'à Giacomotti pour le prier de venir me faire un petit dessin de Francis malade. Je ne sais si Giacomotti, en Italie, doit être déjà de retour. Quant à Desbarolles, je reçois une lettre de lui lundi matin. Il n'a pu venir, sa visite est remise.
15 mars 1874
Lina3 et moi nous allons voir Giacomotti à son atelier. Sa femme arrive pendant notre visite. Nous nous rendons ensuite chez Étex qui nous a envoyé une invitation pour venir voir son atelier.
2 oct. 1874
[...] chez Giacomotti [...] nous causons des peintures de l'Opéra par Baudry. Giacomotti les trouve peut-être un peu trop... chiqués, d'un dessin douteux et pas assez peintes. A son avis elles auraient besoin d'être continuées, terminées par Bouguereau. C'est joli, enlevé, mais peut-être pas assez fort comme fini, tel est l'avis de Giacomotti. Il y a beaucoup d'esprit dans ce travail mais Baudry, pense-t-il, a eu tort de ne pas soumettre un peu son travail à la critique de vrais amis.
5 oct. 1874
Visite à Giacomotti à son atelier 69 rue de Vaugirard.
16 avril 1875
M. de St-Auban, mon chef de bureau au Ministère des Beaux-Arts, m'envoie en négociation pour un tableau chez Paul Flandrin, le pasagiste, au 4e, 10 rue Garancière. Je ne trouve que sa femme qui se charge de lui faire part du but de ma visite. De là chez Giacomotti, 69 rue de Vaugirard, et comme il dîne chez sa soeur dans mon quartier nous revenons rensemble en compagnie du petit chien blanc et jaune: Picchini.
2 janv. 1876
Je vais le matin à pied chez Giacomotti; il me reçoit au lit [...]
9 janv. 1876
Charles4 et moi nous allons après déjeuner chez Étex et Giacomotti.
24 sept. 1876
Trois bonnes visites. Rubin de Méribel à midi venait me voir pour un tableau "Coup de vent aux portes d'Alger". Uzanne le frère de Mme Poignavant, du parc des Princes, vers 2 h. [...] Giacomotti le peintre de portraits et d'histoire. Il venait comme Méribel voir mon tableau.
25 janv. 1877
Visite à Henri IV pour l'inscription de Francis [...] Henri IV, mon cher collège que je n'avais pas revu depuis tant d'années! J'y ai retrouvé comme fixé sur un miroir le même sourire de mes 15 ans! [...] Nous allons dans la chapelle du cathéchisme (St-Étienne-du-Mont) pour montrer à Francis le portrait de Papa fait par Giacomotti notre ami, dans la 1ère de ses trois fresques qui ornent cette chapelle à droite en entrant, mais il fait déjà trop sombre. De là nous allons chez le proviseur et sa femme [...]
14 févr. 1877
Congé du mercredi des Cendres. [...] Je vais de là chez M. Lequesne, en route je croise Charles Blanc avec qui je parle de mon procès gagné [contre l'éditeur Susse], etc., etc. De chez Lequene je vais chez Victor Vilain, statuaire, élève de mon père, ensuite chez M. et Mme Étex puis enfin chez Giacomotti où se trouvent les portraits nouveaux de Melle Leverrier (Mme Mague) et de notre ancien compagnon de voyage en Italie, le député Dugué de la Fauconnerie. Celui-ci est très resemblant et c'est un magnifique portrait. Giacomotti va bien...il avait agrandi son atelier, où se trouvait aussi son immense plafond commencé pour le palais du Luxembourg: Van Dyck, Rubens, etc.... Le dessin au fusain de cette grande toile était presque terminé.
1er avril 1877
Je reçois un autographe d'Émile de Girardin, auquel j'avais porté, hier soir, en son hôtel de la rue de la Pérouse, mon livre sur Alger, avec une demande relative à la rédaction du prochain Salon dans le Petit Journal. Malheureusement, il me répond que c'est trop tard, que la place est donnée. [cf. l'extrait suivant]
3 avril 1877
Même démarche au Journal du XIXe S. pour le directeur Edmond About. J'ai connu Ed. About en Italie. Nous avons visité ensemble en voiturin, avec Giacomotti, Louis David, Dugué de la Fauconnerie, le pays de l'Ombrie, Assise, etc....etc....
5 mai 1877
Je passe chez Crauk, rue de Vaugirard, que je ne trouve pas. Ensuite chez Moulin. Je suis heureux de rencontrer ce second artiste, statuaire également. Je reste quelques instants chez lui. De là chez Giacomotti que je croise rue de Vaugirard au carrefour de Rennes à deux pas de son atelier et de son chez lui. Il était avec Didier, un paysagiste Prix de Rome, que j'ai connu à Rome lors de mon voyage il y a 20 ans.
9 juin 1877
Je retourne à la Mairie des Batignolles pour faire dresser l'acte de naissance de Carle5 [...]. Avec les enfants6 je traverse le Jardin du Luxembourg, salue l'horloge sculptée par grand-père et passe près de 2 heures chez Giacomotti.
20 sept. 1877
En allant chez Maman je suis allé voir mon portrait qui figure dans la 1re fresque à droite (chapelle des cathéchismes). J'avais en effet posé un des personnages pour Giacomotti un jour qu'il faisait ce tableau fresque, de la Prédication du petit Jésus, dans son atelier, rue de Vaugirard. Le personnage en question est en vert clair.
7 oct. 1877
Visite chez Maman [...] Avant le dîner j'emmenais Jules et Francis du côté du Panthéon [...] Ensuite nous allâmes voir les trois fresques de Giacomotti à la chapelle des Catéchismes de St-Étienne-du-Mont. Mais il faisait trop sombre pour y découvrir dans la 1ère à droite en entrant, le personnage de l'apôtre ou plutôt du docteur, pour lequel j'ai posé jadis un moment rue de Vaugirard 59 [sic] à l'atelier même de Giacomotti, mon vieil ami. A cette époque j'étais seul à Paris, la petite famille était restée à Genève 7. – Visite au collège Henri IV.
30 déc. 1877
[...] De là je vais porter quelques cartes de visite de jour de l'an [...] Ensuite chez Giacomotti où je passe près de deux bonnes heures. Il avait dans son atelier le buste en bronze de Leverrier 8 fait par mon père, buste original prêté par la famille. M. Giacomotti faisait le portrait du célèbre astronome décédé dernièrement. Au cou d'un mannequin se trouvait suspendu la croix de Commandeur de Prusse ou de Bavière, un cordon noir dans tous les cas. C'était bien le vrai spectacle du néant des grandeurs humaines! J'en fis la remarque à mon vieil ami. Il me fait voir la tête de Leverrier qu'il avait peinte après la mort. Dans son atelier deux beaux portaits de dames, dont l'un celui de la fille de M. Leverrier... Mme ? ... l'autre celui d'une dame étrangère debout dans un oratoire, un livre de messe et un chapelet à la main. Celui-ci était principalement charmant par son recueillement et sa distinction. - Giacomotti allume son éclairage au gaz pour me montrer en premier, avant les dits portraits, son grand plafond ébauché pour le Luxembourg et très avancé.
2 décembre 1878
Je profite du voisinage pour aller serrer la main de Giacomotti, 59 [sic] rue de Vaugirard. Je le trouve en train de dessiner une italienne au fusain, sur une toile. Le modèle était là qui posait en costume sur la grande échelle qui avait servi à faire le grand plafond du Luxembourg: Le triomphe de Rubens...
5 mars 1879
[...] à 9 h. chez Étienne Arago, 2 passage Stanislas, rue Notre-Dame des Champs. Je ne l'ai pas trouvé [...] De chez Arago je suis allé voir un moment Giacomotti. Dans son atelier, un charmant tableau d'italienne en train de dessiner assise sur une échelle d'atelier. A ses pieds, son déjeuner composé d'un morceau de pain, d'une pomme et d'un verre d'eau.
18 mars 1879
Été le matin rendre visite à Étienne Arago. Il ne faut pas compter sur la place au [musée du] Luxembourg. On veut lui imposer absolument un employé des musées. De là chez Giacomotti en train de peindre, il travaillait à son tableau de la jeune italienne dessinant assise sur un escalier roulant [sic]. Il me promit de me mettre de côté une charmante pochade que je lui demandait. Elle représentait la même italienne appuyée debout, sur les marches de la même échelle roulante!
25 mai 1879
Je vais le matin au Luxembourg [...]. Je passe ensuite à l'atelier de Giacomotti. Sa femme vient et je reste à déjeuner avec eux. Je reviens ensuite à l'atelier avec eux. Il travaille à son grand plafond de Rubens pour le Luxembourg et éclarcit cette grande toile qu'il trouvait trop sombre.
6 juin 1879
Été voir Paul de St-Victor chez lui, place de Furstemberg, au sujet du portrait que lui offre Giacomotti, pour lui ou pour sa fille, autrement dit lui ou elle. Démarche jugée utile par mon ami, que j'étais bien aise de faire dans l'espérance de lui rendre service, car il estimait que St-Victor pourrait avoir une grand influence sur ses succès. Celui-ci avait chez lui de fort beaux tableaux. Intérieur d'antiquaire et d'artiste. Il m'a fort bien accueilli. Je ne le connaissais que de chez Victor Hugo. - De là chez Giacomotti que je trouve au coin de sa rue, rentrant de déjeuner...
12 sept. 1879
Courses chez les artistes. Vu Giacomotti, Étex, Philippoteaux, Roubaud. Été chez Gigoux [...] chez Crauk, Paul Flandrin, Paris, Leconte du Noüy.
23 déc. 1879
Après le bureau je suis allé voir Giacomotti à son atelier, 59 [sic] rue de Vaugirard. J'ai fait pour lui une visite au sculpteur Chapu. Il s'agissait d'obtenir à mon cher et excellent ami une place d'inspecteur des Écoles de dessins, vacante par le fait de la démission de Barrias, le statuaire.
31 mai 1880
Après le bureau, je suis allé chez Giacomotti. Nous avons causé longtemps de l'exposition. J'ai apporté mon portrait de Melle de la Brière. Il avait reçu hier la visite de M. Ramon que je lui avais adressé la veille avec un mot, et qui est venu s'excuser de la singulière manière dont il s'était présenté. En effet, le pauvre garçon s'étant trouvé mal en route, on l'avait porté dans une pharmacie, et de là conduit en voiture chez Giacomotti, car il n'avait pour toute adresse sur lui que ma lettre à celui-ci. On a alors pensé que c'était M. Giacomotti, lequel ne le connaissant nullement n'a compris l'incident qu'une fois ma lettre lue. Mais, enfin, Carlos Ramon a pu se remettre un peu et Giacomotti l'a réexpédié dans la même voiture.
17 sept. 1881
J'ai mené Francis et Jules chez M. Guillaume et [chez] Giacomotti. Nous n'avons trouvé le premier ni chez lui ni à son atelier. [...] Trouvé Giacomotti. Francis et Jules avaient leurs galons de sergent et de sergent-major. Francis viendra en récompense faire faire son portrait. Jules un peu plus tard, quand notre grand peintre et cher ami aura un peu de temps.
20 sept. 1881
Le matin je mène Francis chez Giacomotti pour son portrait à l'huile9. C'est le joli petit portrait en veste gros bleu et cravate noire. Giacomotti l'a fait en entier dans sa journée. Nous avons déjeuné chez lui avec sa femme et son neveu à lui. Le soir nous rapportons le portrait à Maman surprise et ravie 10.
NOTES
1 Jean-Jacques Pradier, dit John, fils unique du sculpteur Jean-Jacques Pradier, dit James (Genève 1790- Rueil 1852), et de Louise d'Arcet (Paris 1814-1885), nait à Paris le 21 mai 1836. Il épouse à Metz, le 21 mai 1867, Lina Ackermann (Metz 1847-Paris 1930). Le couple s'installe à Genève immédiatement après leur mariage. Leurs deux premiers enfants, Francis et Jules, y naissent en 1869 et 1871 respectivement. Ils s'installent définitivement à Paris en 1871 où leur troisième et dernier enfant, James-Ludovic-Carle, naît en 1877. C'est à partir du 28 avril 1872 que John Pradier commence à résumer presque quotidiennement, dans une série de cahiers appelés "Cahiers des enfants", ses activités, rencontres, conversations, sorties familiales, etc. Le 45e et dernier cahier s'arrête à la date du 12 juillet 1882, après que John eut perdu son poste au bureau de la comptabilité du ministère des Beaux-Arts où il avait travaillé depuis son retour à Paris. Ces cahiers sont conservés aujourd'hui par les descendants de son troisième fils. A part quelques extraits que j'ai cités dans diverses publications, ils sont inédits. J'en possède une copie manuscrite établie par la petite-fille de John aux années 1970. Cette copie est généralement très fidèle au texte original, comme j'ai pu le constater en la comparant à l'original. Elle n'est pourtant pas tout à fait complète, certains passages jugés trop personnels ou sans intérêt "historique" (activités familiales, jeux des enfants, etc.) ayant été omis. Les descendants possèdent aussi quelques pages de souvenirs rédigés par Lina Ackermann, l'épouse de John, en 1913, ainsi qu'un "calendrier journal" dont j'ai également une copie manuscrite. Celui-ci, commencé le 29 avril 1866, quelques semaines avant son mariage, couvrent les années que le couple passa à Genève, jusqu'au 11 mai 1871. Il est beaucoup plus succinct que les "Cahiers" de John, chaque notation ne comportant que quelques mots ou 2-3 lignes en style télégraphique. J'y ai retrouvé deux mentions de Giacomotti. A la date du 13 mai 1867, Lina signale qu'il a répondu négativement à l'invitation d'assister au mariage à Metz. A la date du 27 avril 1869, il y a ceci: "Lettre et photographies des Giacomotti". Je ne me souviens pas d'avoir vu des lettres de Giacomotti dans les archives de la famille mais il pourrait y en avoir. Je suis certain, par contre, d'y avoir vu une photo de Giacomotti.
2 Son fils James-Louis-Francis, né à Genève le 11 février 1869. Ingénieur chimiste, il meurt célibataire à Paris le 29 décembre 1901.
3 Son épouse Lina Ackermann (cf. note 1).
4 Son beau-frère, Charles Ackermann.
5 James-Ludovica-Carle, son troisième fils, né le 6 juin 1877 à Paris, mort le 2 juillet 1936.
6 Ses deux autres fils, Francis et Jules.
7 Ceci permet de situer la séance de pose vers l'été ou l'automne 1871, époque où John Pradier, ruiné, se rendit seul de Genève à Paris pour se procurer un emploi, comme le précise son épouse Lina dans les "souvenirs" qu'elle rédigea en 1913: "En 1871, le 17 mai, arrivée [à Genève] de ma chère Maman qui vient pour la naissance de notre cher Jules le 1er juin 1871. Maman est libre et restera désormais avec nous, car le pauvre papa Ackermann a rendu son âme à Dieu le 11 mai de cette année 1871. Le séjour de maman auprès de nous permet à John de se rendre à Paris, où grâce à Jules Simon alors directeur des Beaux-Arts, John obtient pour octobre une place au Ministère des Beaux-Arts. Ce n'est pas celle que nous espérions, c'est toujours un commencement. Cette place décidée, nous quittons Genève, Maman, les deux enfants et moi, pour nous rendre à Paris. Nous arrivons à 5h du matin à la gare de Lyon où John est venu nous chercher." (Arch. famille Pradier.) A lire le "calendrier-journal" de Lina, on constate que John ne semble pas avoir fait d'autre voyage à Paris pendant les années qu'il a habité Genève, de 1866 à 1871.
8 Buste pour lesquel Leverrier a posé à l'atelier de Pradier en 1846-1847. Le buste en marbre a figuré au Salon de 1847.
9 Ce portrait appartient toujours à la famille Pradier.
10 Les 45 "Cahiers des enfants" s'arrêtent à la date du 12 juillet 1882. Dans quelques notes éparses, sans date, rédigées après qu'il eut perdu son poste aux Beaux-Arts en avril 1882, John raconte ses différentes démarches auprès de personnalités influentes dans l'espoir de se faire rappeler au ministère ou de trouver un autre emploi: "[...] Alphonse de Rothschild lui-même [...] m'a consellé d'en faire une affaire particulière en société avec les artistes. Je suis allé voir à ce sujet quelques célébrités que je ne connaissais pas, entre autres, Detaille et Manet [...] Je suis allée voir aussi Gervex et Saintin. J'avais déjeuné jadis avec celui-ci avec Giacomotti il y a une quinzaine d'années. Mais tous mes efforts ne devaient être qu'insuffisants, au moins jusqu'à nouvel ordre." N.B. Le peintre Jules-Emile Saintin (1829-1894), peintre d'histoire et de genre, fut l'élève de Drölling, Picot et Leboucher. Le déjeuner en question a dû avoir lieu avant l'installation de John à Genève en 1867.
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