Questions / Réponses

 

La Jeune chasseresse


6/11/03 - Question D. Siler:

La Jeune chasseresse de Pradier a été léguée au musée des beaux-arts de Quimper en 1999 par Mme Monique Martin-Lavallée en mémoire de son père, l'historien d'art Pierre Lavallée. Son grand-père, Alphonse Lavallée, décédé en 1884, l'avait acquise à la vente d'une propriété située à Jeurre (Essonne). Quelle était cette propriété et que sait-on sur la carrière de Pierre Lavallée?


3/1/04 et 27/2/04 - Réponses d'André Cariou, conservateur du musée des beaux-arts de Quimper, à D. Siler:

En ce qui concerne Pierre Lavallée, je crois qu'il était bibliothécaire de l'École nationale des beaux-arts de Paris. J'ai écrit à la nièce de Monique Martin Lavallée à propos de la provenance, mais sans réponse à ce jour.


12/2/04 - Question Didier Rykner, animateur de La Tribune de l'Art, à D. Siler:

Je viens de lire votre article sur La Jeune chasseresse, et je m'interroge. Comment la sculpture proposée à la vente en 2001 à Drouot pourrait-elle être la même que celle donnée à Quimper, pour laquelle un projet de donation existait depuis déjà 1999 (projet accepté par la ville dès cette date)? De plus, pourquoi les propriétaires auraient-ils accepté une estimation aussi basse [4.570 / 7.620 euro, 30.000 / 50.000 FF] alors qu'un tiers de la sculpture était estimé environ 12 000 euro? Peut-être, tout simplement, la sculpture proposée à Drouot et sans doute non vendue comme vous le suggérez, est-elle le second exemplaire en marbre?


12/2/04 - Réponse D. Siler à Didier Rykner:

Je me suis interrogé aussi sur cette vente Drouot et j'aurais dû mettre cela mieux au clair. Mais vous aurez remarqué au début de mon article une photo noir et blanc de la statue avec le commentaire suivant:

Nous connaissons depuis longtemps l'aspect de la Jeune chasseresse grâce à deux photographies anciennes, déposées - je ne sais par qui - au Musée d'Art et d'Histoire de Genève. (...) Des plantes vertes poussent autour du socle. Le bout du pied droit de la statue paraît endommagé. La photographie reproduite ci-contre - réalisée certainement en même temps que celles du MAH, mais sous un angle un peu différent - n'a pas manqué de susciter l'intérêt des amateurs du sculpteur lorsqu'elle parut il y a deux ans dans un catalogue de vente Drouot-Richelieu.

Or vous trouverez reproduite dans le catalogue de l'exposition Statues de chair, au n° 19 du répertoire sommaire, p. 386, une des deux photos de Genève. Sur cette photo on aperçoit une grande fenêtre derrière la statue et des plantes poussant devant le socle. Sur la photo reproduite dans le catalogue de la vente Drouot le fond a été noirci mais les plantes sont toujours visibles. Il ne peut donc s'agir que de la même statue et de celle qui, avant d'entrer au musée de Quimper, était placée dans une « jardinière ». Il faut remarquer aussi que la statue sur ces deux photos, comme celle du musée de Quimper, a l'orteil du pied droit endommagé.


13/2/04 - Réponse Didier Rykner à D. Siler:

N'est-il pas possible que la photo du catalogue Drouot soit effectivement celle du catalogue Pradier, parce que les rédacteurs du catalogue Drouot auraient trouvé plus simple de la reproduire, plutôt que d'en faire une nouvelle ? Étant donné qu'ils présentaient l'œuvre comme "d'après Pradier", et qu'ils connaissaient manifestement le catalogue, si les deux sculptures avaient été rigoureusement identiques, il me semble qu'ils n'auraient pas douté de son authenticité. Mais il faut, effectivement, poursuivre l'enquête.


13/2/04 - Réponse D. Siler à Didier Rykner:

Non, les deux photos ne sont pas pareilles, elles ont été prises sous deux angles différents. Voici à gauche celle du catalogue Statues de chair et à droite celle du catalogue de la vente Drouot, avec, en-dessous, un détail des pieds:



Anc. photo, MAH de Genève



Photo cat. Drouot


Sur l'une, l'orteil cassé a été grossièrement réparé; sur l'autre, la réparation a été supprimée. Ainsi, contrairement à ce que je pensais, les deux photos n'auront pas été prises à la même date. Mais les plantes de la « jardinière » sont visibles sur les deux, ce qui prouve, à mon avis, qu'il s'agit de la même pièce. Malheureusement la qualité des deux photos et l'angle différent de la prise ne permettent pas de comparer d'autres détails, sauf peut-être une tache sur le sein gauche et les veines dans le marbre de la cuisse gauche.


13/2/04 - Réponse Didier Rykner à D. Siler:

Effectivement, le détail du pied et les plantes semblent prouver qu'il s'agit de la même sculpture. En revanche, l'énigme demeure sur la donation en 1999 et la vente prévue en 2001, ainsi que sur la mention « d'après Pradier »


27/2/04 - Réponse d'André Cariou, conservateur du musée des beaux-arts de Quimper, à D. Siler et à Didier Rykner:

J'ignorais que la Jeune chasseresse de Pradier avait été inscrite à une vente aux enchères. L'explication (un peu compliquée) [de la donation] est la suivante. Dès la mort de Mlle Martin Lavallée, les héritiers ont appris que le musée était destinataire de six œuvres diverses (par une donation sous réserve d'usufruit). Tout le reste de la collection a été inscrit pour une vente aux enchères. Ils ne se sont pas rendu compte que le musée était également bénéficiaire par legs (Monique Martin Lavallée pour un tiers et une de ses soeurs pour un autre tiers) de deux tiers de l'œuvre. C'est moi qui les ai informés. La proposition pour ce dernier tiers (80 000 francs) m'a été faite par le notaire. En tout cas l'œuvre n'est jamais passée en vente et je l'ai fait enlever directement à l'endroit où elle se trouvait depuis des dizaines d'années.

Note D. Siler: La statue a néanmoins figuré au catalogue de la vente Drouot du 9 avril 2001, « Succession de Mademoiselle L. », lot 230. Cependant, ce lot n'était pas inclu dans la liste des prix d'adjudication publiée après la vente, soit que l'œuvre n'ait pas été mise aux enchères, soit qu'il n'y ait pas eu d'acquéreur. Quant à la mention « d'après Pradier » dans le catalogue de vente, il est possible qu'elle ait été fournie par les héritiers de Mlle Martin Lavallée et que ceux-ci n'aient simplement pas pu trouver la signature du sculpteur sous les feuilles ou le terreau de la jardinière.


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