Questions / Réponses

 

La Sapho debout argentée


26/11/04 - Question Charlette Guichard (Macon):

Pourriez-vous me dire combien de bronzes argentés ont été fondus de Sapho debout?


27/11/04 - Réponse D. Siler:

Impossible de donner une réponse précise à votre question! Vous trouverez dans le Forum Pradier une liste des œuvres de Pradier vendues depuis 2003. Sinon, je ne peux mieux faire que de vous référer à la base Artprice qui recense à ce jour quelque 284 sculptures de Pradier vendues depuis 1986. J'y relève une trentaine de Sapho debout en bronze (chiffre qu'il faudrait cependant réduire, du fait que certains exemplaires y figurent plus d'une fois), 4 autres en bronze argenté, 2 en bronze doré et 3 en bronze argenté et doré. Ces œuvres sont généralement signées « J. Pradier 1848 » et inscrites « V.P. » (initiales du fondeur Victor Paillard). Evidemment la base Artprice est loin d'être exhaustive et un grand nombre d'autres exemplaires ont été vendus avant 1986. On peut toutefois supposer, au regard de ces chiffres, que les Sapho debout en bronze argenté (puisque ce sont celles-là qui vous intéressent) sont rares par rapport aux Sapho debout en bronze patiné.

Vous connaissez probablement la Sapho debout foudue en argent massif par Simonet pour la Loterie des Artistes de décembre 1849. Théophile Gautier assista à l'opération et y consacra cinq colonnes dans La Presse. Cet exemplaire unique est conservé au Bowes Museum, à Barnard Castle, en Angleterre. Il a figuré à la grande rétrospective Pradier, Statues de chair, présentée à Genève et à Paris en 1985-1986 (voir la notice n° 16 du catalogue).

Vous demandez, en fait, combien de Sapho debout en bronze argenté ont été fondues. Ne serait-ce pas à cet exemplaire que vous pensiez? Car techniquement parlant il me semble que le bronze argenté n'est pas fondu, tel quel. On coule d'abord la statue en bronze pure et ce n'est qu'après cette opération que l'argent et/ou l'or est appliqué à la surface du bronze. Il faut remarquer néanmoins que le fondeur Paillard présentait en 1851, à l'Exposition Universelle de Londres, une Sapho debout en bronze oxydé dont « les teintes argent », au dire d'un journaliste de L'Illustration, étaient si « parfaites » qu'elles pouvaient, « à première vue, tromper un œil assez exercé ».


27/11/04 - Réponse Charlette Guichard:

Merci pour votre réponse très documentée. Je n'ai jamais acheté de bronze et je suis une néophyte en la matière, mais j'habite une petite ville, Macon en Saone et Loire, on m'a proposé ce bronze chez un antiquaire et je l'ai trouvé magnifique. Grâce à votre description je pense qu'il est en bronze argenté et doré. Le socle est doré, une partie du collier également. Je ne suis pas abonnée à Artprice. Je suis allée sur le site que vous m'avez indiqué, je trouve qu'il y a une grande diversité dans les prix. Cela correspond certainement a la rareté du sujet. Je vais aller revoir Sapho, si elle est encore chez le marchand. Ce serait gentil si vous pouviez me donner une idée du prix que je dois la payer.


27/11/04 - Réponse D. Siler:

D'après votre description, l'exemplaire de la Sapho debout qui vous intéresse doit être proche de l'exemplaire mis en vente chez Sotheby's Londres (Bond Street) mais non vendu le 21 avril dernier avec un prix estimatif de 4.000 à 6.000 livres steerling (5.716 à 8.575 euro). Voici sa photo:



cliquez pour agrandir


Est-ce bien celui-là? Un autre exemplaire, doré, monté sur une pendule, a été vendu chez Sotheby's Londres (Olympia) le 6 avril dernier pour 5.760 livres steerling (8.232 euro). A titre de comparaison, un exemplaire en bronze patiné, également monté sur une pendule, passera en vente chez Sotheby's Londres (Olympia) le 6 décembre prochain au prix estimatif de 2.500 à 3.500 livres steerling (3.572 à 5.002 euro). En général, je crois que les exemplaires argentés ou dorés se vendent plus chers que les bronzes patinés. Mais les prix peuvent varier aussi selon qu'il y ait ou non une marque de fondeur. Pour la Sapho debout, le fondeur le mieux coté serait probablement Victor Paillard. Avez-vous vu une telle marque sur l'exemplaire de votre antiquaire?


30/11/04 - Réponse Charlette Guichard:

Merci d’avoir répondu aussi vite a mes questions. Il s’agit bien du même bronze, mais j’hésite. J’ai pu contacter M. xxx à Paris, il est expert en tableaux et
œuvres d’art, nous nous sommes souvent rencontrés a Drouot. Il m’a dit qu’il existe des bronzes originaux et des bronzes d’éditions, avec des prix allant du simple au triple, les copies sont aussi possibles, seul un regard averti peut voir la différence. [...] Le bronze porte les inscriptions « J. Pradier 1848 » et « V.P. ».


1/12/04 - Réponse D. Siler:

En ce qui concerne les informations que vous avez obtenues à Paris, il est vrai qu'une
œuvre en bronze peut être soit une œuvre unique, produite en un seul exemplaire, soit une œuvre d'édition produite en plusieurs exemplaires. Les petits bronzes de Pradier, à quelques exceptions près, sont des bronzes d'édition. Ils peuvent avoir été coulés soit dans un moule fait sur le plâtre original, soit dans un moule fait sur un bronze existant. Dans le second cas ce sont des surmoulages. Leur qualité est parfois moindre mais il n'est pas toujours facile de voir la différence. La présence du nom ou du poinçon d'un fondeur connu est généralement une garantie. Le fait que la Sapho de votre marchand porte les initiales du fondeur Victor Paillard (mort en 1886) indique qu'il s'agit d'un exemplaire de bonne qualité produit au XIXe siècle. Victor Paillard a travaillé directement pour Pradier ainsi que pour beaucoup d'autres sculpteurs connus, tel Préault, J.-J. Feuchère, Carrier-Belleuse et Klagman.



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